Affaires
L’inspection des minounes, une mine d’or
Mise à jour: 7 décembre 2011 | 15h49
Argent
Québec risque de donner un solide coup de pouce à l’industrie automobile au cours des prochaines années. Le gouvernement va obliger les automobilistes à faire inspecter leurs véhicules âgés de huit ans et plus pour vérifier s’il respecte les normes environnementales.
Le ministre de l’Environnement, Pierre Arcand, a déposé son projet de loi, modifiant la loi sur la qualité de l’environnement, mercredi à l’Assemblée Nationale et on s’attend à ce que la mesure soit lucrative pour les garagistes et les vendeurs de pièces.
C’est que le parc automobile du Québec vieillit. L’Association des industries de l’automobile évalue que 2,2 millions de véhicules ont plus de huit ans dans la province. Il s’agit de 54% des voitures qui circulent sur nos routes. Des données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) suggère plutôt que 1,7 millions de voitures ont plus de huit ans au Québec. C'est-à-dire 37% du total des véhicules québécois.
Le ministre Arcand veut donner à la SAAQ le pouvoir de refuser d’immatriculer un véhicule non conforme. Québec prévoit que 454 000 voitures seront inspectées annuellement dans la première phase du projet. Au terme de l’initiative, une inspection mécanique sera ajoutée à l’évaluation environnementale.
LKQ Pintendre Autos, une firme de la Rive-Sud de Québec, spécialisée en recyclage de voitures, s’attend à des retombées positives. «Les propriétaires des voitures qui devront être réparées vont se tourner vers nous parce qu’on vend des pièces moins dispendieuses, usagées ou reconditionnées», a exprimé Pierre Brouard, directeur des ventes de l’entreprise.
Ceux qui préfèreront ne pas investir d’argent dans la mise aux normes de leur véhicule pourront décider de le revendre à des recycleurs. Ces derniers pourront commercialiser les composants de bonne qualité. Mentionnons que l'Association des recycleurs d'automobiles du Québec s’est inscrite au registre des lobbyistes pour faire des représentations auprès du gouvernement afin d’encourager le dépôt du projet de loi.
Le projet de loi du gouvernement a pour objectif d’introduire un programme d’inspection obligatoire des véhicules dans le but de diminuer les émissions de gaz à effet de serre dans l’air.
Une initiative décriée par l’Association pour la protection des automobilistes (APA). «C’est de la poudre aux yeux! La Colombie-Britannique et l’Ontario ont adopté des programmes semblables dans les années 1990 et elles ont échoué sur toute la ligne», a dénoncé George Iny, président de l’organisation.
Chiffres à l’appui, M. Iny affirme que seulement 5% des véhicules inspectés échouent l’évaluation en sol ontarien. Ça signifie que les inspecteurs mandatés par l’État doivent prélever 100$ à 100 automobilistes, soit un total de 10 000$, pour en piéger cinq délinquants.
«On pourrait financer des projets environnementaux beaucoup plus efficaces avec des sommes pareilles», a poursuivi George Iny.
L’Association québécoise de la lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) est favorable au programme du ministre Arcand qui veut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% sous le niveau de 1990 d’ici 2020.
L’organisme a indiqué en marge de l’annonce du ministère de l’Environnement que 25% des 600 derniers véhicules qu’elle a inspecté l’an dernier ne respectaient pas les normes minimales de fonctionnement du système antipollution.
carl.renaud@tva.ca



