Affaires
Faire payer les riches n’est pas la solution
Mise à jour: 6 décembre 2011 | 09h23
Argent
Hausser l’impôt des contribuables les mieux nantis n’est pas la solution pour améliorer le bilan financier des gouvernements, estime l’Institut économique de Montréal (IEDM).
Une note économique, publiée mardi par l’organisme, souligne que le taux d’imposition des Québécois gagnant 250 000$ et plus devrait dépasser les 100% pour éliminer le déficit du Québec, estimé à 3,8 G$ cette année.
«C’est une démonstration absurde mais ça montre qu’il n’y a pas assez de riches dans la province pour régler les enjeux financiers du gouvernement», a commenté Michel Kelly-Gagnon, président-directeur général de l’IEDM.
La note économique de l’IEDM précise que le Québec compte seulement 29 000 habitants dont les revenus se chiffrent à 250 000$ ou plus, soit 0,5% des contribuables. «C’est gens là paient déjà 12% de l’impôt total qui est versé dans la province», a ajouté M. Kelly Gagnon.
L’IEDM à contre courant
Les observations de l’Institut économique détonnent face au courant de pensée qui circule dans le monde depuis quelques mois. Plusieurs prennent la parole pour réclamer une augmentation de l’impôt des riches.
Des individus fortunés ont eux même affirmé être ouverts à faire davantage d’efforts pour contribuer à l’amélioration des finances publiques. Des Américains et des Européens en vue ont pris position dans ce dossier, dont le milliardaire Warren Buffet, qui a instigué le mouvement.
«Augmenter l’impôt des nantis sera toujours une solution minoritaire pour améliorer le bilan des gouvernements. Il y a de biens meilleures manières d’y parvenir», a-t-il expliqué.
L’IEDM estime que l’atteinte de l’équilibre budgétaire au Québec ou dans d’autres administrations va plutôt devoir passer par une réduction de dépenses publiques. Michel Kelly-Gagnon propose au gouvernement québécois de faire un voyage dans le temps pour améliorer ses finances.
Québec pourrait, selon lui, épargner 6 G$ en adoptant le seuil de dépenses qui était en vigueur pendant son exercice 2009-2010. Ce budget permettrait du coup au gouvernement de dégager un surplus budgétaire de 2,2 G$.
Diminuer la valeur des subventions accordées aux entreprises et revoir les règles du programme de places en garderie subventionnées sont des pistes de solutions avancées par l’IEDM pour sabrer dans les dépenses de l’État.
carl.renaud@tva.ca



