Le dimanche 3 juin 2012

Legault veut diminuer le nombre d'immigrants

30 août 2011 | 07h23
 
Geneviève Lajoie
Agence QMI

Pour que le français se porte mieux, François Legault propose de réduire le nombre d’immigrants que le Québec accueille pour une période de deux ans.

François Legault (Photo: Archives QMI)

« La Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) propose d’observer une pause de deux ans afin de redéployer de manière plus rationnelle et plus efficace l’effort d’intégration des immigrants à la société québécoise. Au cours de cette période transitoire, le nombre d’immigrants au Québec sera ramené à 45 000 personnes par année », a-t-il suggéré lundi, à Québec, à l’occasion du dévoilement de son quatrième et dernier manifeste qui portait cette fois sur la culture et la langue.

Après cette pause, l’ex-ministre péquiste et l’homme d’affaires Charles Sirois militent pour que le Québec se donne une cible de 50 000 nouveaux arrivants par année, c’est-à-dire 5000 immigrants de moins annuellement que ce que propose le gouvernement libéral de Jean Charest.

Même si les mesures prises par le passé pour faire la promotion du français ont porté fruit, force est de constater que les progrès restent « insuffisants et parfois précaires », a insisté M. Legault.

Selon lui, le budget consacré à l’intégration doit être doublé (125 millions $ de plus) pour que le français s’en porte mieux.

Langue de travail

« C’est un grief récurrent : il est de plus en plus difficile de se faire servir en français à Montréal et dans certains commerces », a plaidé Charles Sirois. La coalition est d’avis que c’est l’Office québécois de la langue française qui doit se charger de lutter contre l’anglicisation qui touche plus particulièrement la métropole.

« Il faudra que l’office mette ses culottes », a lancé François Legault, qui invite également les Québécois à faire leur part du combat et d’exiger d’être servis en français.

Écoles passerelles

Pour les ténors de la coalition, le Québec doit être souverain en matière linguistique et il est donc légitime de recourir à la clause dérogatoire s’il le faut, notamment dans le cas des « écoles passerelles » qui permettent aux parents francophones et allophones d’envoyer leur progéniture à l’école anglaise.

Si cette position s’apparente à celle du Parti québécois, François Legault n’est par ailleurs pas d’accord avec ses anciens collègues péquistes sur l’application de la loi 101 aux cégeps. Selon lui, on ne devrait pas imposer la Charte de la langue française aux établissements d’enseignement collégiaux.

MM. Legault et Sirois estiment que le rayonnement de la culture passe notamment par un meilleur soutien financier à sa promotion dans les écoles de la province.

Les mesures que prône la coalition pour promouvoir la culture et mieux protéger la langue française totalisent 400 millions $, qui seraient puisés « dans les quatre milliards $ de crédit d’impôt aux entreprises », a précisé l’ancien péquiste.

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