Pas question de changer de ton à Revenu Québec
Jean-François Cloutier
Argent
Le nouveau président de l’Agence du revenu du Québec, Jean St-Gelais, écarte toute idée d’un changement de ton avec la transformation du ministère du Revenu en agence.
De passage sur le plateau télévisuel d’Argent, M. St-Gelais a rejeté l’idée qu’il puisse y avoir un problème dans la façon dont les contribuables et les entrepreneurs sont traités par les percepteurs d’impôt du gouvernement québécois.
«Je suis au Revenu depuis janvier et je peux vous dire que tout ce qui est écrit dans les journaux ne reflète pas du tout les commentaires que nous recevons », a-t-il souligné.
M. St-Gelais a mentionné que les cas d’abus chez Revenu Québec évoqués par Argent et d’autres médias étaient plus complexes qu’il n’y paraissait, mais que l’impératif de confidentialité l’empêchait de les commenter.
Mieux que la Colombie-Britannique
Alors que la Colombie-Britannique s’est récemment dotée d’un code de conduite qui place le contribuable au cœur du système de perception des impôts, M. St-Gelais a signalé qu’il n’était pas nécessaire d’envisager une telle mesure ici.
«Nous faisons mieux que la Colombie-Britannique. Nous nous efforçons de traiter tout le monde avec équité. Nous sommes d’ailleurs la seule province à s’être dotée d’une agence du revenu », a-t-il dit. La création de cette agence vise à offrir plus de souplesse aux employés de Revenu Québec et à accroître leur efficacité, a mentionné M. St-Gelais.
Même s’il souligne que chaque nouveau vérificateur embauché au Revenu rapporte un million de dollars par année en récupération fiscale, M. St-Gelais a nié l’idée qu’il y ait des quotas imposés aux fonctionnaires. «On a des objectifs annuels et des secteurs qu’on cible en particulier, mais nous n’avons pas de quotas», a-t-il dit.
M. St-Gelais a dit ne pas croire que des dérapages soient possibles dans le contexte où des centaines de nouveaux employés seront embauchés par l’ARQ et où le gouvernement s’est donné des objectifs extrêmement ambitieux de récupération fiscale.
Service médiocre
La prise de position de M. St-Gelais survient au moment où la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a réclamé un changement de ton de la part de Revenu Québec.
Un récent sondage mené par l’organisme révèle que l'accessibilité du personnel de Revenu Québec pour répondre aux interrogations des chefs d'entreprises et la qualité des réponses fournies sont perçues comme étant médiocres par les chefs d’entreprise.
« C'est facile de pointer du doigt un entrepreneur et de l'accuser d'évasion fiscale. Mais dans les faits, c'est plutôt la difficulté de se conformer aux lois et aux exigences fiscales qui est souvent la cause d'erreurs. Or, celui qui était responsable d'aider les contribuables et de les guider, soit Revenu Québec, ne semblait pas toujours avoir été à la hauteur des attentes et des besoins des dirigeants de PME qui désirent des améliorations au service à la clientèle », a indiqué Mme Martine Hébert, vice-présidente, Québec, de la FCEI.



