Le mercredi 16 mai 2012

Changer de direction pour l'équilibre budgétaire

24 février 2011 | 18h43
 

Argent

Le Québec ne se porte pas si mal que certains l'affirment. C'est le message que veulent lancer 250 participants qui ont tenu un forum socioéconomique jeudi à Montréal, à l'approche du dépôt du budget 2011-12 ce printemps.

Robert Laplante 

Ces participants issus de réseaux d'analyse économique préconisent de différents choix que ceux faits par le ministre des Finances, Raymond Bachand.

Robert Laplante, directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), fait partie des gens qui avancent ce point de vue.

«Il n'y a aucune raison d'être aussi alarmiste que ce que l'on voudrait nous faire croire, dit M. Laplante à Argent. Le Québec possède un actif extraordinaire qui est celui des ressources humaines. Nous avons un acquis important, une capacité d'entreprendre formidable ainsi que des réseaux sociaux et d'éducation extrêmement performants. C'est sur cet actif qu'il faut d'abord miser.»

Robert Laplante aimerait voir Québec changer de direction. Selon lui, il faut y aller moins fort sur les tarifs, adopter une imposition progressive et mieux profiter des ressources naturelles.

«Le problème de notre situation budgétaire est un problème de revenus, précise-t-il. Quand on examine ces revenus à la lumière des instruments que privilégie le gouvernement Charest et le ministre Bachand, on peut comprendre que la situation devienne difficile. Le gouvernement se prive de revenus pour ensuite nous dire qu'il n'arrive pas à les équilibrer avec ses dépenses.»

M. Laplante croit que ses solutions favoriseraient une plus grande égalité. Il dénonce par exemple une contribution santé à 200 $ tant pour les millionnaires que ceux qui gagnent le salaire minimum. «Il faut faire payer les mieux nantis, les entreprises et répartir le fardeau fiscal et le faire par l'impôt plutôt que par la tarification parce que ça permet une contribution plus juste et équitable de l'ensemble des citoyens.»

Cet expert déplore aussi que le déficit doive se résorber avant 2014. «L'Ontario a décidé d'étaler son retour à l'équilibre sur une plus longue période que le Québec. Les États-Unis font de même. Nous n'avons pas à prendre un risque supplémentaire en compromettant la relance par une réduction de l'investissement public.»

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