Dépenses de la santé: 32,3 milliards $
Le Journal de Montréal
Les dépenses en santé atteindront le sommet historique de 32,3 milliards pour 2010-2011 selon des prévisions rendues publiques hier par le ministère de la Santé. C'est presque un milliard de plus que l'année précédente.
Dans le document Les comptes de la santé, on apprend entre autres que les dépenses en rémunération occupent la plus grande part du gâteau. Seulement l'an dernier, ce sont 19,8 milliards qui ont été versés au personnel du réseau, une hausse de 7,3 % en un an.
Il faut dire que le réseau de la santé est un immense employeur avec pas moins de 282 200 personnes, soit 6,7 % de la population active du Québec. «Les principaux facteurs sont la hausse des effectifs de 11 000 personnes durant la période concernée. Il y a aussi le redressement de la rémunération des médecins spécialistes de 25 % qui s'étale de 2008 à 2016 et celui des omnipraticiens de 19,3 %. Il faut ajouter l'indexation annuelle des conventions collectives des employées du réseau de 2 %», explique Claude Ouellet de la direction des politiques et systèmes financiers au ministère.
Si les Québécois paient déjà une bonne part de leurs impôts pour la santé, le Ministère a calculé que la contribution directe des usagers était de 2,5 milliards seulement l'an dernier. La plus grosse partie de ces frais était pour payer la franchise ou des primes dans le cadre du régime d'assurance-médicaments. «Le coût du poste médicament est l'un des principaux facteurs de croissance. Il y a une hausse du prix des médicaments et une hausse du nombre de molécules consommées », précise Claude Ouellet.
Dans la poche des malades
Pour cette année, il faut aussi ajouter un montant de 180 millions $ qu'on ira chercher dans les poches des contribuables via la contribution santé, soit 25 $ par adulte. L'an prochain, c'est 100 $ qu'on prélèvera directement et 200 $ en 2012-2013. À ce moment, ce sera presque un milliard supplémentaire qu'on ira ainsi chercher pour financer la santé.
Le ministre Yves Bolduc reconnaît que pour continuer à financer l'immense ministère de la Santé sans nuire aux autres ministères, il «faudra poser les bons gestes».
On fait mieux avec moins
Malgré l'ampleur des dépenses, il ne parle toutefois pas de coupures, allant même jusqu'à dire que nous faisons déjà mieux avec moins. «Nous nous situons dans le peloton de tête pour des indicateurs comme l'espérance de vie et la mortalité infantile, et cela, alors même que nous dépensons moins par personne que toutes les autres provinces canadiennes.»
Il faut dire qu'avec le vieillissement de la population et l'accroissement de la demande en général pour des soins de santé, on n'a pas fini de payer. L'an dernier, les médecins ont fait pas moins de 486 521 chirurgies dans la province, soit 10 000 de plus qu'en 2008-2009.
Explosion des consultations
Même chose pour le nombre d'accouchements qui est passé de 80 680 à 81 314. Les consultations ont aussi explosé pour atteindre 5,4 millions soit 116 000 de plus que l'année précédente.
On compte également 261 000 personnes qui reçoivent des soins à domicile et 121 000 jeunes qui ont des services psychosociaux offerts par le réseau de la santé et des services sociaux.
* Les rénovations et constructions sont incluses dans les 32,3 milliards.
Les chiffres de la santé
32,3 Milliards $ dépenses en santé prévues pour 2010-2011
2,5 Milliards $ contribution des usagers (principalement à l'assurance-médicaments)
19,8 Milliards $ rémunération dans le réseau en 2009-2010
3,89 Milliards $ coût total du régime public d'assurance-médicaments
Urgence
282 200 personnes oeuvrant dans le réseau de la santé
486 521 chirurgies l'an dernier
81 314 accouchements
3 160 008: visites à l'urgence



