Le samedi 11 février 2012

Des vendeurs d’autos délinquants

2 septembre 2010 | 17h40
 

Jean-François Cloutier
Argent

Malgré les ajustements législatifs apportés à la Loi sur la protection du consommateur (LPC) qui sont entrés en vigueur le 30 juin dernier, plusieurs acteurs de l'industrie automobile diffusent encore des publicités ne donnant pas le prix total de l'achat ou de la location d'un véhicule.

 

C’est ce qu’a découvert le CAA-Québec en analysant des publicités parues dans divers quotidiens de la province au cours de l’été. «On s’est aperçu qu’autant des concessionnaires que des manufacturiers ignoraient encore la loi et forçaient le consommateur à lire les petits caractères », a indiqué Philippe St-Pierre, conseiller en communication au CAA-Québec.

Rappelons-le, la Loi sur la protection contraint désormais les vendeurs d’automobiles à inclure les frais de transport et de préparation et la taxe sur la climatisation dans le gros prix affiché sur leur publicité.

Il n’est plus possible non plus d’afficher en gros des mensualités à payer, sans faire état du prix total d’un véhicule.

Les ajustements à la loi limitent aussi les pénalités en cas d’annulation d’un contrat de vente ou de location.

Désormais, en cas d'annulation, si un contrat de vente ou de location prévoit une pénalité, celle-ci est limitée au plus élevé des deux montants suivants : 400 $ ou une somme équivalant à 2 % du prix de vente du véhicule. Et pour être valide, cette pénalité devra préalablement avoir été portée expressément à la connaissance du consommateur.

En entrevue à Argent, M. St-Pierre a donné quelques exemples de publicités « délinquantes » parues pendant l’été. Ainsi, une publicité du manufacturier Mazda annonçant la Mazda 2 n’incluait pas les frais de transport dans le gros prix mis en avant.

Un concessionnaire Chrysler affichait des mensualités à verser pour un véhicule, sans mentionner son prix total.

Question de temps

Du côté de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec, on a tenu à relativiser l’ampleur des publicités fautives. «Il y a en de moins en moins. C’est une question de temps avant que tout le monde se conforme », a assuré le pdg de la Corporation, Jacques Béchard.

M. Béchard a d’ailleurs souligné que son organisation voyait d’un bon œil les nouvelles règles, qui permettront à tout le monde de combattre à armes égales, selon lui. «C’était très difficile pour des concessionnaires de donner un prix juste si leurs concurrents affichaient un prix plus bas en excluant certains frais», a-t-il dit.

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