Montréal fera « le ménage » dans les exemptions de taxes
Jean-Louis Fortin
Agence QMI
La ville de Montréal reverra, au cours des deux prochaines années, la question des exemptions de taxes municipales controversées dont bénéficient près de 2000 organisations religieuses, terrains de golf et marinas sur son territoire.
Cette semaine, en réponse à plusieurs questions posées au Conseil municipal, tant le maire Gérald Tremblay que le responsable de l’urbanisme au Comité exécutif, Richard Bergeron, se sont déclarés interpellés par la question.
Rappelons qu’à la fin juillet, une enquête de 24H révélait qu’il y a à Montréal pour plus de 2,8 milliards $ en valeur foncière non imposée, en excluant les immeubles gouvernementaux. Dans la liste des immeubles considérés comme « lieu de culte » et exemptés de taxes, on retrouve même plusieurs duplex et triplex.
La Ville, dont la situation financière est précaire, pourrait récupérer 64 millions $ par année si elle taxait ces immeubles.
« On va faire le ménage »
« Est-ce qu'il y a une problématique des lieux de culte à Montréal? Je pense que tout le monde s'entend pour dire oui », a admis d’emblée Richard Bergeron.
« Il y a la multiplicité des types de culte, et par ailleurs il y a des dérives où des lieux communautaires sont (considérés comme) des lieux de culte », a-t-il décrit.
Richard Bergeron compte bien profiter de la préparation d’un nouveau plan d’urbanisme, qui devrait être complété « dans deux ans, au plus tard », pour faire le tour de la question.
« On va faire le ménage là-dedans, on va en discuter sur la place publique avec la population. (…) On va voir quelle disposition il y a lieu de mettre en œuvre, et s’il y a des interventions à demander aux gouvernements supérieurs, on va les demander », a assuré le responsable de l’urbanisme à Montréal.
Discussions avec Québec
De son côté, le maire Gérald Tremblay rappelle que puisque les exemptions de taxes sont obtenues en vertu d’une loi provinciale, la Ville devra s’entendre avec Québec.
« Il faut très sérieusement y réfléchir. (…) On va travailler avec le gouvernement du Québec pour trouver la meilleure solution possible », a-t-il déclaré.
Par contre, tout comme son homologue de Laval Gilles Vaillancourt, Gérald Tremblay a de « sérieuses réserves » quant à la perspective de taxer les églises.
« Je dois vous dire que s'il fallait taxer les églises, à ce moment-là je pense qu'il faudrait fermer toutes les églises sur l’ile de Montréal », a dit le maire.
L’Union des municipalités du Québec, qui représente 275 villes et dont Montréal n’est pas membre, se penchera également sur la question lors d’une rencontre de sa Commission de la fiscalité et des finances locales, en septembre.



