Le vendredi 10 février 2012

«Une bonne entente pour Hydro-Québec»

12 août 2010 | 12h05
 
Olivier Bourque
Argent

Hydro-Québec poursuit ses exportations vers le Vermont. La société d’État a dévoilé aujourd'hui les détails d’un contrat à long terme qui fournira de l’électricité durant une période de 26 ans à ce petit État du Nord-Est américain, une «bonne entente» selon les spécialistes.

 

En vertu de cette entente qui s’étalera entre 2012 et 2038, Hydro fournira 225 mégawatts aux deux plus importants distributeurs d’électricité de l’État, la Central Vermont Public Service Corp. et la Green Mountain Power. Cette quantité d’énergie permettra d’alimenter 225 000 foyers du Vermont, soit environ le tiers de la population.

Hydro-Québec fournissait déjà cette quantité au Vermont selon une entente signée en 1987 avec une expiration en mars 2012. Ce contrat devrait rapporter environ 2 milliards de dollars, selon les chiffres qui circulent.

Le Vermont devra donc s'attendre à payer six cents par kilowattheure (6 ¢/kWh), mais il s'agit d'un prix de départ qui va évoluer en fonction de l’inflation et des indices des prix de l’électricité, ce qui permettra d’éviter des variations importantes. Le prix réel pour les livraisons débutant en 2012 sera toutefois fixé en décembre 2010.

Ce prix de départ est le même que celui que payait le Vermont en vertu de l'autre entente mais il est inférieur à ce qu'a obtenu Hydro-Québec en 2009. La société d'État avait eu 6,8 cents par kilowattheure exporté l'an passé.

Selon Claude Garcia, analyste d’Argent et observateur de la société d’État, cette entente «est bonne pour Hydro-Québec» surtout si on la compare avec celle du Nouveau-Brunswick qui a finalement capoté il y a quelques mois.

«Le prix est fixé sur le marché à court terme. Donc le prix va évoluer et va correspondre à la situation réelle de l’économie. Si on compare avec l’entente avec le Nouveau-Brunswick, le prix était statique même s’il était indexé. De plus, on payait pour des actifs largement surévalués, ce qui n’est pas le cas ici», a-t-il souligné en entrevue avec Argent.

Selon lui, le prix de l’électricité est appelé à augmenter durant les prochaines années. Il était à environ 9 cents en 2008 (à l’exportation) en prenant en considération le marché à court terme. «Il faudra toutefois voir ce que fera l’économie américaine dans les prochains mois. C’est une donnée fondamentale», a-t-il affirmé.

Selon un spécialiste de l'énergie, Pierre-Olivier Pineault, le fait qu'il s'agit d'un contrat à long terme est une bonne chose pour la société d'État.

«Hydro ne peut pas avoir seulement des contrats à court terme et c'est à un bon prix qui est finalement le double de ce qui est payé par les Québécois», a-t-il souligné.

L'exportation, axe d'importance

L'annonce est d'importance pour le gouvernement du Québec alors que l'exportation de l'énergie est un axe important pour aller chercher des sources de revenus. L'an passé, Hydro a versé 2,1 milliards de dollars en dividendes à Québec.

Selon le premier ministre Jean Charest qui est sur place avec le PDG d'Hydro-Québec Thierry Vandal, la conclusion de cette entente a été facilité par la législation «verte» du Vermont.

«Faisant suite à l’adoption par la législature du Vermont d’une loi qui reconnaît l’hydroélectricité comme une énergie renouvelable sans égard à la capacité des installations de production, la conclusion de ce contrat d’approvisionnement marque une étape clé dans la lutte (...) contre les changements climatiques, a souligné M. Charest.

Le Vermont achète de l’électricité au Québec depuis plusieurs décennies. Hydro-Québec et le Vermont ont conclu leurs premiers contrats d’approvisionnement à long terme au début des années 1980.

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