Le vendredi 10 février 2012

La grande séduction pour infirmières privées

30 juillet 2010 | 14h34
 

Gérard Samet
Argent

Le privé semble gagner du terrain sur le public dans le domaine de la santé. Les tentatives de grande séduction pour attirer des infirmières sur la Côte Nord viennent de franchir un grand pas.

 

L’agence privée d’infirmières Action Santé L.C de Baie Comeau, qui semble faire des affaires d’or, vient de se payer un motel à 300 000$. Cet établissement répond au doux nom de motel Amigo.

Un hôtel réservé aux infirmières

Cet hôtel de vingt chambres devient dès cet été un argument de marketing pour faire venir les infirmières à Baie-Comeau. Leur proposer des missions à près de 1000 km au nord-est de Montréal est tout un défi. Jusqu’ici, leurs conditions de logement dans une petite maison unifamiliale n’étaient pas aussi confortables et les places étaient limitées. Devant la demande croissante, l’agence a décidé d’investir. « Nous desservons toute la Côte Nord», indique Linda Gobeil, associée de l’agence privée d’infirmières Action Santé LC.

«En fonction des demandes, il est nécessaire de pouvoir loger des infirmières pour une durée plus ou moins longue». Madame Gobeil prévoit l’occupation totale des vingt chambres par des infirmières dans les prochains jours. Les infirmières qui sont placées par l’agence à l’hôpital de Baie-Comeau sont directement concernées. «La mise à disposition d’une chambre est prévue dans tous les contrats de travail des infirmières en mission», ajoute Linda Gobeil.

Vouloir travailler dans le privé

Les infirmières du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Manicouagan sont actuellement 340, auxquelles s’ajoute la vingtaine d’infirmières venant du secteur privé. 36% des infirmières travaillent à temps plein. Mais, selon un sondage interne effectué par la direction du CSSS, la moitié des infirmières qui travaillent à temps partiel ne veulent pas travailler plus.

Depuis quelques temps, l’offensive de charme des agences privées d’infirmière fait des émules parmi les infirmières publiques. «Il y a des infirmières qui appellent de plus en plus souvent pour demander comment démissionner», déclare Marie-Patricia Tremblay, la représentante du syndicat des infirmières du CSSS.

«Le phénomène s’accroit depuis deux semaines, ajoute-t-elle. Dans la même journée, il y en a eu quatre. Cela commence à faire beaucoup». Le syndicat estime encore que « la pénurie va continuer à s’accroitre dans le public en raison des conditions de travail alléchantes du privé. Notre employeur n’a pas compris que les employés heureux et bien logés travaillent mieux.».

Daniel Côté, le directeur du CSSS, reconnaît qu’il se trouve confronté à «un véritable défi de réorganisation du travail».

Les plus populaires