Les résidus d'ordinateurs transformés à Dorval
Agence QMI
Désirant profiter d’un surplus prévisible de déchets électroniques, une entreprise montréalaise de recyclage de ce type de matières implantera bientôt une usine de transformation à Dorval, la première du genre dans la métropole.
GEEP Ecosys, une entreprise qui gère le matériel technologique, prévoit d’ici le printemps prochain, construire une première usine de transformation de résidus des Technologies de l’information et des communications (TIC), comme les ordinateurs, les téléphones cellulaires et les imprimantes.
L’entreprise s’occupe déjà de tous les TIC apportés par les citoyens dans les écocentres de Montréal, en vertu d’un contrat de la Ville et pourrait bientôt récolter les fruits d’une nouvelle loi provinciale obligeant les entreprises à recycler leurs déchets électroniques.
« Implanter une usine à Montréal permettrait de réduire le transport lié à la valorisation de ces matières, actuellement transportées en Alberta ou en Ontario », se réjouit le vice-président au développement des affaires de GEEP Ecosys, Bruce Hartley.
« On s’occupera entre autres du déchiquetage et du triage pour ramener les matériaux à leur matière première et on pourra desservir tout l’Est canadien », ajoute-t-il.
Politique provinciale
À l’automne 2009, le gouvernement a déposé le projet d’une nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles pour 2010-2015, et prévoit inclure la responsabilité élargie des producteurs aux produits électroniques, c’est-à-dire que les fabricants devront eux-mêmes gérer la récupération et la mise en valeur de leurs produits.
Québec prévoit l’adopter d’ici la fin 2010, ce qui donnerait jusqu’en décembre 2011 aux fabricants pour assumer complètement la fin de vie de leur matériel électronique.
À l’heure actuelle, le principe de la responsabilité élargie des producteurs ne s’applique qu’aux fabricants de peinture et d’huiles, et ce, depuis 2004.
D’ailleurs, en offrant un incitatif financier aux garages de la province depuis cette date, la Société de gestion des huiles usagées (SOGHU) a fait hausser à 90 % le recyclage des contenants, des filtres et de l’huile usagés au Québec.
Moins de contrôle
Même s’il considère la formule de GEEP intéressante et responsable, le porte-parole du Front commun québécois de la gestion écologique des déchets, Karel Ménard, ne s’attend pas à ce qu’une proportion semblable de déchets électroniques soit recyclée.
« Presque plus personne ne fait ses vidanges d’huile à la maison. Les garages sont donc les seuls points de dépôt. Par contre, tout le monde a des produits électroniques chez eux, mais tous ne savent pas où s’en débarrasser correctement », indique-t-il.
D’après les plus récentes données de Recyc-Québec, 53 % des quelque 34 000 tonnes de TIC générés au Québec ont pris le chemin de l’enfouissement en 2006. Seule une proportion de 5 % avait été récupérée alors que 23 % ont été réutilisés.

