Métro de Montréal : retour à la case départ
Mise à jour: 13 juillet 2010 | 14h15
Argent
Ce qui était appréhendé depuis plusieurs mois vient d’être annoncé : le dossier du métro de Montréal revient à la case départ.
La Société de transport de Montréal (STM) confirme la validité de la candidature de l’entreprise espagnole CAF ce qui fait en sorte qu’un nouvel appel d’offres sera lancé.
Réuni ce matin, le conseil d’administration a confirmé ce qui était devenu un secret de Polichinelle. Depuis plusieurs mois, le rapport de Hatch Mott Macdonald chargé d’analyser la candidature de CAF était clair : l’Espagnole se qualifie en vertu de l’avis international lancé en janvier dernier. La STM a donc respecté les conclusions du rapport.
La STM enclenche donc dès maintenant un processus d'appel d'offres international dès maintenant pour l'acquisition de 765 voitures sur pneumatiques avec des options d’achat pour 288 voitures additionnelles.
Cet appel pourra être publié sur le marché international à l’automne prochain, et ce, conformément aux conditions prescrites dans l’Autorisation ministérielle, est-il écrit dans les communications de la STM.
Les dirigeants de l'entreprise espagnole CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles, S.A.) ont applaudit la décision. Selon eux, la STM reconnait que CAF possède la maîtrise des technologies de voitures de métro sur pneumatiques et les capacités pour réaliser le projet selon les spécifications et les normes exigées.
«La décision de procéder à un appel d'offres est une bonne nouvelle pour les Québécois et pour les Montréalais» a déclaré M. Jesus Esnaola, directeur général des affaires internationales de CAF.
«Il est en effet démontré que le prix a toujours tendance à diminuer de 15% à 20% dans des situations de concurrence. L'appel d'offres pourra donc permettre des économies substantielles pour le Québec, tout en assurant des retombées économiques locales considérables».
Une équipe technique de CAF est actuellement au Québec afin de rencontrer des fournisseurs québécois et de débuter les préparatifs en vue de l'appel d'offres.
Situation scandalisante
Mais ce nouvel appel d'offres est bien loin de plaire à certains spécialistes dont Mehran Ebrahimi, professeur de management à l'UQAM.
«Moi je suis scandalisé. Depuis le temps que nous travaillons sur ce projet. On arrive en fin de parcours et on sort un lapin du chapeau, c'est incompréhensible», estime-t-il.
Selon lui, CAF a un historique à problèmes notamment à Washington où certains de leurs wagons ont déraillé.
La décision déplait aussi fortement à Bombardier Transport qui a multiplié les avertissements lors des dernières semaines. Réagissant à l'annonce, la multinationale s'est à nouveau posé des questions sur les compétences de CAF.
«A regarder les requis extrêmement exigeants de l'appel d'offres, on trouve incompréhensible que CAF ait réussi à se qualifier», a estimé Marc-André Lefebvre, porte-parole de Bombardier Transport.
Même si le dossier du métro a déjà coûté plus de 22 millions de dollars aux contribuables, la ministre des Transports Julie Boulet n'était pas disponible pour commenter ce nouveau rebondissement.

