Forêt: Guy Chevrette prend sa retraite et règle ses comptes
Agence QMI
Alors qu'il présidait sa dernière assemblée annuelle avant la retraite, hier, à Québec, l'ex-ministre péquiste Guy Chevrette, passé au privé depuis six ans à la barre du Conseil de l'industrie forestière, a réglé ses comptes avec le gouvernement actuel, qui s'acharne indument sur les entreprises forestières, selon lui.
Alors qu’il présidait sa dernière assemblée annuelle, jeudi à Québec, M. Chevrette dressait le bilan de son mandat à la tête du Conseil de l’industrie forestière du Québec qu’il quittera, à la fin de l’année, pour sa retraite.
Devant près de 200 industriels de la forêt, il a indiqué sa grande insatisfaction envers les politiciens et décideurs libéraux actuels qui s’entêtent à ternir l’image de l’industrie forestière.
«Ma plus grande déception fut de ne pas avoir réussi à faire comprendre aux politiques l’importance de notre industrie pour le développement économique», a dit M. Chevrette.
«J’ai nettement senti que la rentabilité politique à court terme primait sur le gros bon sens», a-t-il poursuivi.
Image
Conscient que l’image de l’industrie forestière et papetière du Québec a été ternie au moment où une vaste restructuration s’imposait en raison d’une crise économique et industrielle, Guy Chevrette n’a pas manqué d’écorcher les dirigeants de l’État.
«J’ai senti la quasi-jouissance de certains hauts dirigeants de la machine de pouvoir détenir le sort de cette méchante industrie, de la mater et de la mettre au pas. Ils avaient enfin le pouvoir de tout contrôler», a mentionné M. Chevrette.
Reprise
Mais le gestionnaire, âgé de 70 ans, garde encore espoir envers l’industrie de la forêt. Par contre, une reprise ne peut être possible avant quelques années, croit-il.
«À moins d’un éclair de génie ou un retour rapide au gros bon sens, il nous faudra traverser encore quatre à cinq ans de perturbations et d’insécurité pour retrouver le chemin de la logique et la compréhension des règles du marché», a-t-il lancé.
Le gouvernement a beau prôner une industrie de seconde et de troisième transformation, rien n’est possible sans une première transformation en bonne santé financière, dit-il.
«Les gens ne comprennent pas ça, du moins ceux à qui l’on parle présentement», insiste le gestionnaire connu pour son franc parler.
Reconstruction
Tout est à reconstruire avec la forêt québécoise, même le conseil de l’industrie qui est passé de 42 à 19 employés en trois ans.
“Le bois est un matériau de choix vert qui devrait prendre sa place devant l’acier, l’aluminium ou le béton pour beaucoup plus d’applications que la construction résidentielle”, note-t-il.
Mais il faudra que les élus, syndicats et autres «se réveillent», selon lui. D’ailleurs, il a rappelé que les Jean Charest, Mario Dumont, Régis Labeaume, Denis Brière et Pauline Marois se sont tous ralliés à un politique d’utilisation du bois dans les édifices publiques en décembre 2007.
«Comme il fallait s’y attendre, à la première occasion, deux d’entre eux ont fait chanter le coq trois reprises», a imagé Guy Chevrette.


