L'industrie de la télé se détourne de la téléréalité
Michel Munger
Argent
Vivant une période de transformation profonde, l'industrie de la télé ne sait pas encore comment elle changera mais un choix est déjà fait: la téléréalité est en perte de vitesse.
Ce type de divertissement ne fait plus partie des priorités des grands réseaux américains, qui en ont été friands lors de la décennie 2000, indique Sylvain Gagné, porte-parole du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec.
M. Gagné a assisté aux L.A. Screenings du 18 au 28 mai à Los Angeles. C'est là où les réseaux américains présentent leurs nouvelles productions afin de vendre des droits à l'étranger.
«La téléréalité semble perdre du terrain, dit le porte-parole. Sur les 27 nouvelles productions, ce sont toutes des séries de fiction, des drames et des comédies. Mais les Américains sont beaucoup moins patients avec une série si elles ne fonctionnent pas avec 13 épisodes.»
Sylvain Gagné fait ces déclarations après les Screenings qui seront suivis par le Festival de la télévision de Banff (Alberta) du 13 au 16 juin.
Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec fait, lors de ces deux événements, la promotion des tournages étrangers au Québec et la promotion des productions locales.
M. Gagné reconnaît que le secteur se transforme avec la fragmentation du public et la concurrence du Web. «Les modèles d'affaires auparavant viables ne le sont plus nécessairement. Les habitudes de consommation changent très rapidement. Les plateformes de diffusion sont l'enjeu discuté. Il faut définir comment on réinventera le modèle d'affaires.»
Il reste que la Web télé prend de plus en plus forme, surtout aux États-Unis. Comment compare-t-on les coûts avec les émissions traditionnelles ? «On parle peut-être de 5 à 20 000 $ pour produire une demi-heure de Web télé, contre 100 à 200 000 $ pour une série lourde. Il y a moins de décors et des équipes plus réduites. Ça paraît dans le résultat mais ça passe la rampe pour le Web.»
Présentement, c'est surtout la télé spécialisée qui a le vent dans les voiles. Sauf que le marché québécois surprend avec des émissions comme Star Académie et Tout le monde en parle. «Le dimanche soir, sur 5,7 millions de francophones, 4 millions sont devant le téléviseur et on parle de télé généraliste», souligne le porte-parole.



