Les abonnés d’Hydro-Québec financent-ils les Ontariens?
Mise à jour: 7 mai 2010 | 16h47
TVA Nouvelles
Les associations de consommateurs affirment qu’une partie des factures d’Hydro-Québec sert à financer l’exportation d’électricité en Ontario. C’est un faux raisonnement, affirme Hydro-Québec.
C’est surtout la mise en service du poste Outaouais d’Hydro-Québec qui laisse croire à certains que le simple consommateur finance la vente d’électricité chez nos voisins.
Après la crise du verglas, Hydro-Québec avait décidé de construire plusieurs nouveaux postes de distribution pour améliorer la sécurité de son réseau. L’un de ces postes devait être construit en Outaouais, mais le projet a par la suite été abandonné parce qu’il n’était plus jugé indispensable.
Mais Hydro-Québéc est revenue à la charge en 2006, et l’an dernier le poste Outaouais était finalement mis en service.
«C'est un contrat entre Hydro Québec Production et Hydro One Network en Ontario qui a servi de base pour avaliser le projet (du poste Outaouais) et le présenter devant la régie», explique Olivier Bourgeois, spécialiste des questions d’énergie à Option consommateurs.
Selon lui, le poste Outaouais, qui a coûté 615 millions $, permet d’acheter, mais surtout de vendre beaucoup d’électricité à l’Ontario. M. Bourgeois en conclut que «les consommateurs québécois en ce moment payent une partie des coûts de transports servant exclusivement à l'exportation d'énergie». «C'est une forme de subvention» d’après lui.
Il prétend que les Québécois paieront 72 millions $ en 2010 pour cette interconnexion-là, et les clients de l’Ontario 9 millions $. «Donc, qui paye pour cette interconnexion? Je vous laisse juger», conclut le représentant d’Option consommateurs.
Des avis éclairants
Un spécialiste des questions énergétiques à HEC Montréal, le professeur Pierre-Olivier Pineau, reconnaît la situation, mais il estime que les Québécois y trouvent leur compte. «C'est une injustice jusqu'à un certain point, parce que c'est le consommateur d'électricité québécois qui supporte la majorité des investissements en infrastructure de transmission» affirme M. Pineau. Mais d’après lui, «le contribuable québécois bénéficie des profits de l'exportation».
Hydro-Québec affirme elle aussi que l'exportation rapporte beaucoup aux Québécois.
Hydro-Québec estime qu’il est faux de dire que la clientièle québécoise subventionne l’exportation d’électricité, et que l’argumentation d’Option consommateurs, fondée sur des données théoriques, ne tient pas la route.
«Tout ce qui est exporté rapporte plus en frais de transport que ce que le Québec paye», soutient Marc-Brian Chamberland, porte-parole d’Hydro-Québec.
Pour sa part, Jean Charest ne fait pas de cachettes. Il a réaffirmé lundi dernier à Chicago que le poste Chénier Outaouais permettra de vendre de l’électricité aux Américains en passant par l’Ontario.

