Québec veut secourir un million de travailleurs
Agence QMI
Le gouvernement Charest s'apprête à créer un régime de retraite à l'intention de quelque un million de travailleurs qui n'ont pas de régime complémentaire de retraite et qui risquent de sombrer dans la pauvreté quand ils quitteront le marché du travail.
Les personnes visées gagnent moins de 50 000 dollars par année et travaillent pour l'une des 73 500 petites et moyennes entreprises (PME) qui n'offrent pas de régime de retraite complémentaire à leurs employés.
Ces derniers ne pourront compter, à leur retraite, que sur les prestations de la Régie des rentes du Québec et du Régime de pension du Canada, ce qui les promet à un revenu sous le seuil de pauvreté.
Bouée de sauvetage
«Ils vont se retrouver dans une situation difficile», a reconnu, hier, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, à l'occasion de la commission parlementaire qui étudiait les crédits de la Régie des rentes du Québec.
Au moins trois autres provinces canadiennes songent à lancer une bouée de sauvetage à ces travailleurs qui ne cotisent pas à un régime de retraite.
Suivant les hypothèses soulevées par M. Hamad, les employés se verraient offrir un incitatif fiscal pour cotiser un montant plus élevé que celui normalement prélevé sur leur chèque de paye pour leur cotisation à la Régie des rentes. «On parle d'une cotisation volontaire pour le travailleur seulement», a précisé le ministre Hamad, signifiant que les entreprises seraient exemptées.
Pas de compétition
Sam Hamad a voulu se montrer rassurant à l'endroit des institutions qui craignent que ce régime leur fasse perdre des clients pour les REÉR ou un CELI (comptes d'épargne libre d'impôt).
«Il y a eu une diminution des cotisations aux REER, mais on ne veut pas être en compétition avec les institutions financières», a-t-il précisé. Sauf que le régime à créer pourrait être plus avantageux qu'un REER, reconnaît l'attaché de presse du ministre.
«L'argent serait placé dans un fonds plus gros dont le rendement serait supérieur à un REER.» La gestion de ce fonds pourrait être confiée à des gestionnaires professionnels et l'argent pourrait être injecté dans l'économie, a précisé M. Hamad.
Par ailleurs, la Régie des rentes du Québec affiche un surplus de 20,9 G$, a précisé M. Hamad. Le rendement de 15,6% enregistré l'an dernier a permis d'augmenter les revenus de 4,2 G$ et de récupérer 50% des pertes causées en 2008 par la débâcle des marchés financiers.

