Le samedi 11 février 2012

Les mines coûtent cher aux contribuables

29 avril 2010 | 16h39
 

Une nouvelle étude de l'IRIS brosse un portrait peu flatteur de l'importance de l'industrie minière au Québec, soutenant que le secteur a peu de retombées économiques au regard de l'ampleur des aides qui y sont accordé.

 

Invitée sur les ondes d'Argent aujourd'hui, Laura Handal, rechercheur à l'Institut de Recherche et d'Information Socio-Économique (IRIS) a livré un plaidoyer pour que l'on reconsidère l'utilité des aides gouvernementales accordées aux minières, tout en rappelant leur lourd coût socio-économique.

"On veut montrer qu'avec les années, le gouvernement investit de plus en plus d'argent dans le secteur, alors que les bénéfices associés à l'emploi, au PIB, et aux redevances diminuent avec le temps," a-t-elle déclarée.

Le gouvernement a contribué 157 M$ en 2007 pour soutenir le secteur. Il y a au Québec près de 345 sites miniers à décontaminer pour un coût total estimé à 300 M$. "Ces 300 M$ sont pris dans les poches des contribuables. Le gouvernement doit aussi prendre en charge les coûts liés à la décontamination des mines appartenant à des compagnies devenues insolvables, ou introuvables," a t telle déclaré.

Appelée à commenter les 50 000 emplois directs et 4.5 $G de chiffre d'affaire que l'association minière québécoise revendique, Mme Handal a contesté ces chiffres arguant que l'association minière considère l'ensemble de l'économie minérale ainsi que tous les impacts directs et indirects du secteur, gonflant systématiquement l'importance de sa contribution économique au Québec.

"Dans notre étude on ne considère pas les impacts du secteur de la transformation, Alcan par exemple, importe de la bauxite qu'il transforme en aluminium mais ce ne sont pas là des impacts directement liés à un gisement minier au Canada, il ce sont des minéraux exportés du Sud," a-t-elle expliqué.

Mme Handal a déclaré qu'il n'était pas vraiment dans l'intérêt du contribuable d'autant soutenir ce secteur, étant donné l'ampleur des coûts sociaux, environnementaux et économiques liés à l'industrie, et la portée limitée des bénéfices sociaux et économiques. Elle a conclu en recommandant que soit mise sur pied une commission d'étude sur le sujet, que l'on se penche sur une réforme du système, un peu à la manière de la commission Coulombe pour les forêts.

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