Les gens d’affaires réconfortent Bachand
Argent
Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a été applaudi par les gens d’affaires montréalais jeudi alors que des centaines de contribuables critiquaient son premier budget dans les rues de la métropole.
Invité par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le ministre Bachand a vendu son budget devant un parterre visiblement conquis. «La population devrait apprécier le budget. On doit penser à demain et s’assurer qu’on aura la capacité de nos obligations à long terme», a exprimé à Argent Alain Lemaire, président de Cascades, soulignant que de telles mesures étaient nécessaires depuis longtemps.
«Je crois que les gouvernements québécois et canadiens doivent faire face à leurs difficultés fondamentales», a commenté Michael Sabia, le grand patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec. «On ne peut pas continuer d’avoir des services de haute qualité sans payer», a ajouté James Cherry, président directeur général de Aéroports de Montréal.
Au même moment des contribuables protestaient dans les rues de la Métropole. Groupes communautaires, syndicats et étudiants ont dénoncé les augmentations de taxes et de tarifs annoncées par le gouvernement. Plusieurs craignent que des contribuables ne puissent pas encaisser ces hausses et sabrent dans des besoins essentiels.
Raymond Bachand a affirmé en point de presse qu’il comprend l’opposition des contribuables. «Changer est toujours difficile», a-t-il exprimé, faisant référence à la révolution culturelle qu’amorce le Québec.
Le ministre ne craint d’ailleurs pas que des contribuables freinent la relance en modérant leur consommation. «En 2010, le gouvernement continue de soutenir la relance. Tout ce qu’on demande c’est 1 cent de plus par litre d’essence», a expliqué le ministre, soulignant que l’économie sera en croissance lorsque la plupart des mesures s’amorceront.
Québec va puiser dans les poches des contribuables pour combler 31% de son déficit au cours des prochaines années. Le gouvernement promet d’assumer 62% de la note et il demande aux entreprises de fournir seulement 7% de l’effort.
Le Québec inc. pourrait-il en faire davantage? Peu d’ouverture chez les gens d’affaires. «Si on augmente le fardeau, on n’aide pas les entreprises et les commerces à se développer, et ils ne pourront pas créer de richesse», a commenté Alain Lemaire de Cascades.

