Le mercredi 16 mai 2012

Pierre K. Péladeau réclame une révision du rôle de la SRC

31 mars 2010 | 17h06
Mise à jour: 31 mars 2010 | 17h47
 
Argent

Le grand patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, réclame une révision du rôle de Radio-Canada. Dans une lettre parue mercredi dans Le Devoir, le dirigeant a demandé aux parlementaires canadiens de se pencher sur les orientations et le financement du télédiffuseur public.

 

M. Péladeau croit qu’Ottawa devrait emboiter le pas à d’autres états et soumettre son diffuseur public à un cahier de charges pour s’assurer que sa programmation reflète les besoins de ses téléspectateurs qui s’attendent à des contenus différents de ceux offerts par les chaînes de télévision privées.

«Sans retombées économiques et culturelles locales, la société d’État programme des émissions américaines comme Beautés désespérées ou Jeopardy qu’elle achète à gros prix, alors qu’elle empiète en permanence sur le champ d’activités des diffuseurs privés», a écrit M. Péladeau.

Dans sa missive, le grand patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, a aussi critiqué l’attitude récente des dirigeants de Radio-Canada envers le CRTC.

La direction de la SRC a publiquement affirmé son mécontentement lorsque le CRTC a autorisé le versement de redevances d’abonnement aux télévisions privées sans les autoriser pour le télédiffuseur public.

«Il serait carrément indécent d’alourdir le fardeau des contribuables, dont les impôts servent déjà à financer la SRC», a exprimé Pierre Karl Péladeau dans sa lettre, en saluant le courage du CRTC qui permet aux chaînes généralistes privées de toucher des redevances comme leurs consoeurs spécialisées.

La direction de Radio-Canada a été contactée sans succès mercredi après-midi mais l’expert Yves Rabeau a accepté de réagir à la sortie de Pierre-Karl Péladeau. Le professeur de l’UQAM estime aussi que la société d’État ne devrait pas avoir accès aux redevances d’abonnement.

«Leurs émissions sont déjà subventionnées et aucune étude n’a jamais démontré que la SRC gère efficacement son argent», a affirmé M. Rabeau, soulignant que les équipes de Radio-Canada sont beaucoup plus imposantes que celles des chaînes privées.

«Il faudrait démontrer que la qualité des émissions justifie cet écart avec le privé», a précisé, Yves Rabeau.

Le CRTC ne refuse pas à tout jamais d’octroyer des redevances à Radio-Canada. La question sera de retour à l’agenda lors du prochain renouvellement des licences anglophone et francophone du réseau public, qui seront échues en août prochain.

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