Le Dr. Barrette estime que le Québec est mal géré
Agence QMI
«Aucune décision ne se prend au gouvernement. Ceux qui dirigent ne dirigent pas», affirme sans détour le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette.
«Il y a des décisions à prendre pour aller chercher de l'argent. Pourquoi on ne le fait pas ? On n'a aucune raison d'avoir des patients dans les corridors des urgences. Si le Québec était géré de la bonne façon, le système public marcherait. Le ministre Bachand va nous présenter un budget «moumoune» sans fin qui va pelleter les problèmes en avant.
«Le gouvernement ne sera pas à la hauteur de ce qu'il devrait aller chercher», a exprimé, hier, le Dr Barrette, au cours d'une rencontre éditoriale au Journal de Québec, à l'approche de la prochaine ronde de négociations avec l'État québécois.
Dans sa récente campagne publicitaire, qui incidemment a essuyé un certain nombre de critiques, la FMSQ a ciblé pour quelques milliards d'économies potentielles. «Selon des économistes, on pourrait aller chercher jusqu'à 6,8 milliards par an», souligne-t-il.
Ticket modérateur
Hausse des tarifs d'électricité, hausse de la TVQ de 1 % et ticket modérateur en santé font partie des avenues favorisées.
«Le ticket modérateur existe dans tous les pays y compris dans la sacrosainte Suède, où les patients versent 25 $ par visite médicale. En Belgique, il y a une franchise de 2 000 $ par an», a illustré le Dr Barrette.
Autres économies possibles : limiter le rôle des agences régionales de santé aux seuls services sociaux, voire peut être même les abolir.
Le président de la FMSQ a aussi donné l'exemple des médicaments génériques. Le gouvernement québécois paie ceux-ci à 54% du prix du médicament innovateur. En abaissant ce paiement à 25 %, comme s'apprête à le faire l'Ontario, le Québec épargnerait 300 millions.
Une pilule générique coûte cinq cents à produire!
Le gouvernement québécois n'agit pas à cause d'une guerre de lobbys. La construction en est un bel exemple, a soulevé le Dr Barrette.
Durant la campagne de H1N1, le ministère de la Santé a débloqué 50 millions pour l'achat de places d'hébergement transitoire, a-t-il également fait ressortir. La mesure a permis de libérer des lits de courte durée et d'atténuer l'engorgement aux urgences.
«Des collègues m'ont rapporté qu'ils n'avaient jamais autant opéré de patients. Si le ministère consacrait 50 millions par an à cette fin, on réglerait plusieurs problèmes d'accès aux soins.»
Manque de leadership
«Les politiciens essaient de nous faire accroire que la santé est un puits sans fond. On entend toujours que les dépenses en santé accaparent près de 43 % du budget de l'État. La part de la santé uniquement est autour de 30 %, le reste va aux services sociaux. Il y a des indications qu'on peut contrôler les coûts, mais il faut aussi savoir qu'à chaque fois qu'on augmente la productivité, on génère des coûts supplémentaires. Faire davantage d'opérations signifie davantage de matériel, de prothèses, de ressources», a formulé le Dr Barrette.
Les ratés du fameux dossier santé électronique sont, selon lui, un autre exemple des problèmes de leadership du gouvernement. «On subit les coûts d'indécisions et, dans certains cas, d'erreurs de décision. Le DSQ ne doit pas sombrer, mais il doit être pris en charge de meilleure façon.»


