Pas assez responsables, les cadres de la santé
Mathieu Lavallée
Argent
Si les dépenses de la santé explosent au Québec, c'est parce que les cadres du réseau ne sont pas assez responsables, dit le Conseil pour la protection des malades.
L'organisme a réagi mercredi à l'ampleur de l'organigramme du système public de santé révélé hier par TVA, d'autant que depuis les cinq dernières années, 2000 gestionnaires de plus ont été embauchés dans le réseau, une augmentation de 19 %.
Selon le directeur général du Conseil Me Paul Brunet, plus on diminue le niveau de responsabilité des gestionnaires, et plus il en faut pour effectuer le même travail. « Si personne n'a à répondre légalement, il faut plus de monde pour que la machine fonctionne », précise-t-il.
Il cite en exemple le cas du plan d'hygiène des hôpitaux, qui doivent être approuvés par le ministre lui-même. « On vous dit quoi faire et comment le faire. Allez-vous vous sentir responsable? »
« Les gestionnaires sont fiers de faire partie du réseau, mais ils se sentent sous-utilisés », ajoute Me Brunet en citant un sondage récent de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).
Réalisée par CROP en juin 2009, l'étude voulait notamment étudier les perceptions et l'engagement du personnel du réseau de la santé face à leur emploi. Cependant, sur les 325 cadres ayant répondu au sondage, 66 % se disaient satisfaits quant à l'utilisation de leurs compétences. Quant à leur contribution à l'institution, 63 % se déclaraient satisfaits.
L'étude observe tout de même un « faible sentiment de contribution » au développement de leur organisation chez les quelque 800 répondants ayant participé. Bref, malgré les efforts, on n'en voit pas les résultats.
Le Conseil pour la protection des malades avait affirmé devant la commission Castonguay tenue il y a deux ans qu'avec le niveau de gestion actuel, le Québec pourrait économiser entre 10 et 15 % des coûts de l'administration du système.
« Sur un budget allant de 20 à 23 G$, il y aurait de la place pour payer davantage les infirmières, selon Me Brunet. Nous pourrions peut-être créer de vrais postes pour les infirmières, permanents et intéressants, avec une vraie bonne rémunération qui serait conforme au marché. »


