Gignac admet le gouffre de la SGF
Mathieu Lavallée
Argent
Le ministre du Développement économique Clément Gignac a admis mardi le gouffre financier creusé par la Société générale de Financement du Québec (SGF) en dix ans et révélé vendredi par Argent.
Interrogé sur le sujet à Québec, le ministre a déclaré avoir « été surpris par les chiffres » évoquant d'importantes pertes d’un milliard de dollars pour la SGF lors des dix dernières années.
En additionnant les pertes de 1,05 G$ accumulées entre 200 et 2008, les bénéfices de 251 M$ enregistrés sur la même période et les pertes estimées de 2009 – entre 100 et 200 M$ –, la perte nette totalise 1G$.
Le ministre s'est défendu en affirmant que « la majorité des placements ayant entraîné des pertes ont été effectués alors que le Parti québécois était au pouvoir », et que ce sont ces investissements qui ont entraîné des radiations d'actifs.
M. Gignac a ajouté qu'il n'exclut pas de revoir le mandat de la société d'État, dont la mission est d'investir dans des compagnies québécoises pour stimuler le développement économique de la province.
« Nous sommes prêts à revoir les différentes missions de différentes sociétés d'État », a-t-il expliqué.
Les autres programmes d'aide aux entreprises de son ministère semblent également dans le collimateur. « Étant donné le cadre de restrictions budgétaires, j'ai donné instruction de revoir les programmes au courant des prochaines semaines. »
Hier, Argent dévoilait que plusieurs experts sont d'avis que les entreprises de la province reçoivent trop de subventions, et que le ministre Bachand pourrait faire disparaître certains programmes ratant leurs cibles pour équilibrer son budget.
M. Gignac a cependant rétorqué que le Québec résistait mieux à la récession grâce à cette aide. « Si nous pouvons améliorer nos interventions et être plus rigoureux, nous sommes prêts à le faire. Mais je ne suis pas gêné. Si le Québec s'en tire mieux, c'est parce que nos programmes créent des emplois et de la richesse. »


