Le dimanche 12 février 2012

La parité avance mais la SAQ, Hydro traînent de la patte

10 mars 2010 | 11h39
 
Olivier Bourque
Argent

La parité sur les conseils d’administration des sociétés d’État qui doit être en vigueur à la fin de l’année 2011 fait des bonds de géants. Le pourcentage des femmes dans des postes d’administratrices augmente toujours mais certains gros joueurs traînent de la patte à l’heure actuelle.

 

C’est en 2006 que le gouvernement Charest avait fait adopter la Loi sur la gouvernance des sociétés d’État qui imposait l’obligation d’avoir en décembre 2011 autant d’administratrices que d’administrateurs sur les conseils. À ce moment, le pourcentage de femmes sur les CA était de 27 %.

Quelques années plus tard, 45 % des postes sont maintenant occupés par des femmes dans les 23 sociétés d’État, mais certaines d’entres elles sont encore loin du compte. C’est le cas de deux des plus importantes sociétés québécoises. Chez Hydro-Québec, seulement cinq des 16 administrateurs viennent de Vénus alors que ce chiffre est de quatre sur 12 pour la SAQ.

Une autre société, la Société des établissements de plein-air du Québec (SÉPAQ) est encore loin du ratio n’ayant que deux femmes sur 9 administrateurs sur son conseil.

«Ce qu’il faut comprendre, c’est que plusieurs membres nommés dans ces sociétés l’ont été avant l’adoption de la loi. Donc, ces sociétés ne sont pas en retard et la parité sera prise en compte lors des prochaines nominations», a indiqué Hugo D’Amours, attaché de presse au bureau du premier ministre Charest.

Tous les administrateurs sont nommés par Québec. Les sociétés peuvent toutefois faire des recommandations au gouvernement comme cela est le cas avec la SAQ.

Pas de problème pour la SAQ

Jointe par Argent, la porte-parole de la SAQ Isabelle Merizzi affirme qu’il ne sera pas difficile d’atteindre le niveau. «Nous n’entrevoyons pas de difficultés majeures. D’autant plus que nous avons trois membres du conseil d’administration qui seront remplacés en décembre de cette année», a-t-elle indiqué.

Le gouvernement aussi affiche son optimisme face à l’atteinte de la parité. «Il s’agit d’un engagement de notre gouvernement. Nous allons atteindre la parité dans les délais», a estimé M. D’Amours.

Contrairement à ces deux sociétés bien en vue, d’autres sont déjà presqu’au niveau. La Caisse de dépôt et placement est bien placée pour atteindre le niveau prescrit. Six des 14 administrateurs sont des femmes dont la présidente de la CSN Claudette Carbonneau.

Investissement Québec a déjà la parité avec sept administratrices sur 14. La Société de l’assurance automobile du Québec, ce sont même les femmes qui ont le haut du pavé alors que 8 d’entre elles forment un conseil de 15 personnes. Chez Loto-Québec également, il y a plus d’administratrices avec cinq contre quatre.

Ces résultats enthousiasment Québec qui affirme aussi paver la voie pour les entreprises privées et publiques.

Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en ce sens. L'an dernier, les femmes occupaient à peine 13 % des sièges dans les conseils d'administration des 500 plus grandes sociétés canadiennes.

La parité imposée est aussi un sujet controversée dans le milieu de la finance. Un des plus en vue Stephen Jarislowsky avait notamment tiré sur cette mesure du gouvernement du Québec.

«Dans la mesure où ces femmes n'ont pas la compétence ou l'expérience, je ne pense pas qu'elles servent à grand-chose dans un conseil d'administration, hormis que d'un point de vue politique», avait-il lancé soulevant l’ire de plusieurs groupes.

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