Le dimanche 12 février 2012

Santé: les infirmières du privé ne coûteraient pas plus cher

9 mars 2010 | 17h27
 

Argent

Recourir à l'occasion aux infirmières du privé ne coûterait pas plus cher au système de santé québécois, selon une étude menée par Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) pour le compte d'Urgence Médicale Code Bleu (UMCB), une agence privée en soins infirmiers.

 (Agence QMI)

Selon l'étude, chaque infirmière qui travaille pour le réseau public a coûté en 2009 50,22 $ en moyenne pour chaque heure de travail, alors que UMCB demandait en moyenne 55,03 $ par heure pour les employés que l'agence a dépêchés dans le système de santé.

« Cela semble plus cher à première vue, explique Jean-François Désilet, le pdg d'UMCB. Mais ça ne tient pas compte de plusieurs frais fixes comme les ressources humaines, le recrutement, le suivi disciplinaire et le contrôle de la qualité. Notre prix comprend tout ça. »

Les syndicats du milieu de la santé ont vivement réagi à ces affirmations en soutenant notamment que l'étude était biaisée.

Selon la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), le salaire horaire versé aux infirmières du réseau serait volontairement exagéré. Une infirmière avec un diplôme collégial et 12 ans d'expérience gagne au maximum 31,89 $ de l'heure au public, et une infirmière bachelière avec 15 ans d'expérience reçoit 38,53 $ de l'heure, souligne la Fédération.

À la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), on remet également en doute ces chiffres. « Le taux horaire chargé par des entreprises privées de placement est, très souvent, au-delà des 60 $ » affirme la vice-présidente Sylvie Savard.

« Le coût moyen assumé par les établissements de santé pour le recours au personnel d'entreprises privées dépasse de 18 % celui relatif au personnel travaillant dans le réseau public », ajoute Mme Savard.

Selon M. Désilets, les coûts horaires de l'étude comprennent le taux horaire normal en plus des primes, des avantages sociaux et des frais pour les régimes d'assurance collective. L'étude considère aussi que 10 % des heures travaillées le sont en heures supplémentaires, à taux horaire et demi.

Pour la FSSS-CSN, UMCB passe rapidement sous silence qu'elle n'a rien d'autre à faire que de fournir du personnel, sans assumer tout ce qu'implique la mission d'un hôpital.

La FIQ quant à elle souligne qu'il n'y aurait que « peu ou pas de charges supplémentaires si demain matin, tout le personnel des entreprises privées devenait des salariées du réseau public. »

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