Le vendredi 10 février 2012

Norbourg: les victimes n'ont plus confiance

9 mars 2010 | 08h36
 
Stéphane Tremblay
Agence QMI

La réduction d’une centaine d’accusations contre les cinq coaccusés dans l’affaire Norbourg ne «mènera à rien à moins que les accusés soient jugés devant un juge seul et individuellement», martèlent des victimes qui ont tout perdu dans le pire scandale financier de l’histoire du pays.

Jean-Guy Houle et sa petite fille, deux victimes de Norbourg (Photo: Agence QMI)

«Au lieu de 722 chefs d’accusation, ils feront face à 607 chefs. Au lieu de 30 000 pages de documents, ils devront composer avec 20 000 pages. Il n’y a pas un humain sur terre, le plus brillant soit-il, qui pourra s’y retrouver», dénonce Jean-Guy Houle, qui a perdu plus de 195 000$.

«C’était l’héritage de mon fils laissé à ses filles. La plus jeune ne comprend pas vraiment ce qui se passe, mais la plus vieille, qui a 16 ans, connaît le dossier Norbourg de A à Z. Elle ne se cache pas pour dire que Vincent Lacroix et sa gang lui ont volé une partie de son enfance», ajoute M. Houle.

Réal Ouimet, une autre victime parmi les 9200 épargnants volés, ne croit pas que cette réduction du nombre de chefs d’accusation donnera des résultats différents. «C’est beaucoup trop complexe. Même 12 avocats assis à la place des jurés ne parviendraient pas à trouver un verdict unanime. Au criminel, ce n’est pas facile avec la notion de la culpabilité hors de tout doute raisonnable.»

Les cinq coaccusés de Vincent Lacroix sont Serge Beugré, Jean Cholette, Félicien Souka, Rémi Deschambault et Jean Renaud. Ils seront jugés sous des accusations de fabrication de faux et de fraude. Les accusations de recyclage et de complot sont ainsi abandonnées.

Le 26 janvier, le juge Richard Wagner de la Cour supérieure avait dû mettre fin au procès des cinq présumés complices de l’ancien PDG déchu. Un avortement de procès qui s'expliquait par l'incapacité du jury d’en arriver à un verdict unanime quant à la culpabilité des acolytes de Lacroix accusés de 722 accusations.

Les victimes de Norbourg attendent maintenant avec impatience le 22 mars, lorsqu’on apprendra si le nouveau procès se tiendra devant un juge seul ou devant jury.

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