Hydro : une petite hausse… avant une grosse ?
Argent
La différence sera minime mais symbolique. Les clients d’Hydro-Québec devront payer 43 cents de plus sur leur facture à partir du mois d’avril après l’autorisation de la Régie de l’énergie rendue vendredi. Mais selon plusieurs, il s’agit de l’arbre qui cache la forêt : une hausse beaucoup plus importante des tarifs pourrait survenir alors que Québec évalue tous les scénarios pour redresser ses finances.
Pour l’instant, l’augmentation sera de 0,4 % ce qui permettra à Hydro d’aller chercher 40 millions $ et est explicable en raison de «nouvelles méthodes comptables». La Régie a donc reconnu que les activités de distribution d’électricité nécessitait des revenus de 10,33 milliards $ ce qui sera atteint avec la hausse.
Cette petite hausse ne fait pas l’affaire de l’Union des consommateurs qui croit qu’en raison de ces nouveaux calculs, les Québécois sont privés d’une baisse des tarifs. «S’il n’y avait pas eu ces méthodes comptables, on aurait plutôt obtenu une baisse tarifaire de 2,2 %», a souligné son président Charles Tanguay.
L’Union affirme que la Régie n’a pas du tout pris en considération ses demandes notamment le fait que les dons et les commandites ne soient pas pris à même les hausses tarifaires.
«Nous voulions aussi qu’Hydro distribution assume ses erreurs de prévisions ce qui occasionnent des frais supplémentaires mais on a donné raison à Hydro. Nous sommes très déçus», a poursuivi M. Tanguay.
Dans sa décision, la Régie autorise aussi un budget de 249 millions $ pour qu’Hydro mette en œuvre son Plan global en efficacité énergétique d'Hydro-Québec.
Une facture qui grimpe de 15 %
Mais ce qui inquiète surtout l’Union, ce sont les possibles hausses tarifaires qui pointent à l’horizon depuis plusieurs mois. En plusieurs occasions, Québec a souligné qu’elle évaluait la possibilité de toucher au bloc patrimonial de 165 térawattheures dont le prix est fixé de 2,79 cents le kwh ce qui résulterait en une hausse très importante de la facture pour les clients.
«Nous avons évalué que si les Québécois payent 1 cent de plus le kwh, cela va faire en sorte que la facture va grimper de 15 %. Or, à l’heure actuelle, ce que nous entendons c’est qu’on pourrait même augmenter jusqu’à 2 cents, ce qui serait une véritable catastrophe», constate M. Tanguay.
Selon lui, il serait «arbitraire» et «irrecevable» qu’une telle augmentation soit acceptée par le gouvernement. «Surtout lorsque l’on sait qu’Hydro obtient des profits de plus de 3 milliards de dollars par année», a souligné M. Tanguay.
Cette idée n’est pas neuve. Au début de l’année 2008, Claude Montmarquette économiste au Cirano, avait produit un rapport sur la tarification dans lequel il illustrait tous les revenus que Québec obtiendrait s’il allait de l’avant avec une hausse des tarifs d'Hydro.
Dans son rapport, il proposait de «supprimer le bloc patrimonial» pour permettre à la Régie de fixer les prix de toute l'énergie.

