Le dimanche 12 février 2012

Régimes de retraite: la comparaison est boîteuse

3 mars 2010 | 07h39
 
Annie Saint-Pierre
Le Journal de Québec

Les syndicats de la fonction publique du Québec disent que le régime de retraite des employés, le RREGOP, est loin d’être le nec plus ultra au Québec et qu’il est déjà considéré comme un avantage salarial dans les négociations avec le gouvernement.

 

La réplique n’a donc pas tardé à venir au sujet de la note de l’Institut économique de Montréal publiée hier, qui soutient que le régime de retraite de la fonction publique du Québec est trop généreux, puisque sa valeur est de 41 % supérieure avec les régimes du secteur privé.

« Il s’agit d’une mauvaise comparaison avec des données erronées qui sont faussées. Comment faire de telles projections? » a lancé M. Louis Roy, vice-président à la CSN, en réponse au président de l’Institut, Michel Kelly-Gagnon, et à l’actuaire Pierre Girardin, qui réclament des modifications au régime de retraite du gouvernement pour le rendre moins coûteux.

« C’est une proposition choquante pour les travailleurs du gouvernement. Nous avons déjà un problème d’attraction et de rétention de la main-d'œuvre dans la santé et l’éducation au Québec. Alors, faire de telles déclarations, c’est loin d’être responsable », a pour sa part déclaré M. Daniel Boyer, vice-président à la FTQ.

Avantage

Le régime de retraite des employés du gouvernement est bel et bien considéré comme un enjeu dans les négociations avec le gouvernement, comme le réclame l’Institut économique de Montréal.

« On ne se fera pas de cachette, le RREGOP n’est pas un régime pour une retraite dorée. C’est un régime moyen qui est loin de se comparer avec ceux du secteur privé et c’est déjà un sujet qu’on retrouve chaque fois à la table des négociations », rajoute Dominique Verreault, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics.

Selon elle, prétendre qu’un travailleur du secteur public est avantagé par sa sécurité d’emploi, alors que son collègue du privé devra changer au moins trois fois d’employeur pendant sa carrière, est loin d’être une réalité.

« Ils sont plusieurs employés à avoir des contrats et un statut précaires dans le secteur public. De plus, le gouvernement a toujours le loisir de changer les règles du régime de retraite et il le fait régulièrement », dit-elle.

Selon la CSN, le véritable débat à tenir sur les régimes de retraite au Québec est le désir de plus en plus fort de plusieurs décideurs à imposer des régimes de retraite à tous les employeurs privés, a répondu M. Louis Roy, rappelant que seulement 25 % des entreprises privées en disposent d’un dans la province.

« Il est déplorable de voir que l’Institut économique de Montréal, financé par de grandes entreprises, se sert des employés du gouvernement pour faire sa propre lutte », lance-t-il.

Retraités

Quant aux retraités actuels de l’État, ils critiquent sévèrement la note économique en rappelant que la firme Mercer a conclu en 2007 que le RREGOP « est un régime de retraite qui offre à ses participants des prestations de retraite d’une valeur comparable à la valeur moyenne des prestations des régimes de retraite ».

L’Association des retraités du secteur public et parapublic contredit les données avancées par l’Institut, notant que, selon les analyses de la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA) et de la Régie des rentes du Québec, la rente annuelle moyenne des bénéficiaires du RREGOP était de 11 952 $, ce qui se compare à la moyenne de 11 294 $ pour l’ensemble des retraités au Québec.

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