Des Québécois peuvent-ils relancer Laura Secord?
Argent
Le chocolatier québécois Nutriart, nouveau propriétaire de Laura Secord, aura du pain sur la planche pour relancer la chaîne fondée il y a près de cent ans. La bannière a un problème d’image aux yeux de plusieurs experts et il est urgent de redessiner le concept pour assurer la pérennité des 129 magasins.
André Richelieu, professeur de marketing à l’Université Laval estime que l’image de marque de Laura Secord est désuète. «Ça me rappelle Steinberg! C’est un géant aux pieds d’argile qui a été incapable d’évoluer et de s’adapter aux changements dans l’industrie», a-t-il commenté.
Le confiseur devra déployer des efforts pour attirer de nouveaux clients qui consommeront ses chocolats et sa crème glacée. «La compagnie doit déterminer à qui elle s’adressait dans le passé et à qui elle veut maintenant vendre ses produits», a analysé Marie-Claude Frigon, experte en commerce de détail chez RSM Richter Chamberland, soulignant que les produits devront probablement être adaptés en conséquence.
Nutriart, qui verse 20 M$ pour acquérir le détaillant, a tout de même des atouts dans son jeu. Une majorité de consommateurs Canadiens connaissent la marque Laura Secord et la bannière a la réputation de vendre d’excellents produits qu’il s’agisse de chocolats ou de crèmes glacées.
«C’est une marque qui a encore de la force mais elle a été sous-utilisée depuis quelques années», a expliqué Marie-Claude Frigon de RSM Richter Chamberland, soulignant qu’il y a un potentiel de repositionnement.
Pour le professeur Richelieu, la survie du détaillant passe par l’accueil de nouveaux clients. «La qualité est un point fort mais peu de gens visitent les succursales pour consommer le chocolat et la crème glacée», a conclu André Richelieu.
Avec la collaboration de Sébastien Dubois
