Le dimanche 12 février 2012

Les négos sont amorcées avec Shell

8 février 2010 | 17h33
 
Olivier Bourque
Argent

L’équipe de choc qui avait ramené la F1 à Montréal est de nouveau au travail. Les mêmes acteurs ou presque sont à pied d’œuvre afin de trouver un acheteur pour les installations de Shell de l’Est de l’île, a appris Argent.

 

Il y a quelques semaines, un comité de survie de la pétrochimie à Montréal avait été créé par divers intervenants notamment le maire de Montréal-est Robert Coutu, les députés Francine Lalonde (BQ) et Nicole Léger (PQ) mais se sont greffés les trois paliers gouvernementaux dans les derniers jours.

Le gouvernement du Québec qui avait envoyé une lettre demandant un sursis à Shell jusqu’en juin est représenté par la ministre des Ressources Naturelles Nathalie Normandeau.

Dans les derniers jours, le gouvernement fédéral a décidé de donner son appui au comité après s’être fait tirer les oreilles durant plusieurs semaines. C’est le ministre Christian Paradis qui est responsable de la région de Montréal mais également des ressources naturelles qui agira comme interlocuteur fédéral.

Le maire de Montréal Gérald Tremblay est également impliqué très étroitement dans le dossier. Selon nos sources, il agira comme porteur de ballon et va s’assurer de coordonner le dialogue ici entre les différents acteurs. Il sera également la figure de proue de ce comité.

Michael Fortier est dans le coup

Autre point similaire avec la Formule Un : c’est Michael Fortier qui a été engagé comme négociateur dans cet épineux dossier. L’ex-ministre conservateur avait déjà eu tout un test en ramenant les bolides sur le circuit Gilles-Villeneuve alors qu’il avait dû discuter pendant plusieurs semaines avec le grand argentier Bernie Ecclestone, réputé être coriace à la table de négociation.

D’ailleurs, M. Fortier est présentement à Houston cette semaine où est situé le siège social de Shell. Il rencontrera notamment dans les prochaines journées des dirigeants de la pétrolière afin de jauger leur réel intérêt de vendre la raffinerie.

Selon nos informations, M. Fortier souhaiterait également convaincre Shell de retarder le démantèlement de leurs activités de raffinage. Shell a annoncé en janvier dernier son intention de convertir sa raffinerie en terminal d’ici un an.

Toujours d’après nos sources, l’ex-ministre devrait faire de la représentation à l’extérieur du Québec où sont situés les principaux acheteurs potentiels.

Les pétrolières Irving et Esso sont notamment dans le viseur du comité. Il devrait également y avoir des rencontres avec la direction de Total Canada située à Calgary.

Il y a quelques semaines, le comité de survie avait déjà souligné son intention de rencontrer Power Corporation qui détient une participation dans la Française Total.

La raffinerie Shell, vieille de 75 ans, emploie actuellement 500 personnes, dont 340 travailleurs syndiqués (SCEP-FTQ). Sa capacité de production est de 130 000 barils par jour.

Avec la conversion en terminal, seulement une trentaine d’emplois serait conservés a déjà indiqué le syndicat de Shell.

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