Wagons de métro: des reports qui coûtent cher
Les multiples reports dans l’octroi du mandat de remplacement des wagons de métro viennent encore de faire gonfler la facture pour les contribuables.
L'Agence QMI a appris que Québec et la Société de transport de Montréal (STM) doivent allonger 7 millions $ de plus, uniquement pour la préparation du contrat.
Au total, les payeurs de taxes québécois auront déboursé 22,3 millions $ pour un appel d’offres qui devait ne coûter que 7,5 millions $ il y a trois ans.
Il s’agit de la cinquième majoration de budget depuis 2006 pour le bureau de projet externe mandaté en vue d’acheter les fameux MR-08, dont le mandat est sans cesse prolongé.
Ce bureau est piloté par les firmes Dessau, SNC-Lavalin et Tecsult, regroupés sous le nom Groupement DST.
Le conseil d’administration de la STM a donné son aval mercredi pour cette nouvelle dépense, « considérant que le contrat d’acquisition des voitures de métro n’est pas octroyé à ce jour et que des délais additionnels sont prévus », lit-on dans les documents dont l'Agence QMI a obtenu copie.
Le gouvernement provincial épongera 75% de cette somme, contre 25% pour la STM.
Situation précaire
« Le bureau de projet est composé de spécialistes légaux mais aussi d’experts dans des domaines techniques pointus. (…)Par exemple, il faut s’assurer que la hauteur des portes soit à niveau avec le quai pour permettre l’accès aux fauteuils roulants », décrit Michel Labrecque, le président de la STM.
La situation financière de la STM est pourtant précaire. Pour éponger son déficit anticipé de 40 millions $ en 2010, le maire Gérald Tremblay espère recevoir une nouvelle source récurrente de financement dans le prochain budget provincial.
Le 22 janvier, le gouvernement provincial et la STM ont annoncé s’être entendus avec le consortium Alstom et Bombardier sur les termes d’un contrat d’acquisition de 765 nouvelles voitures de métro, avec une option pour en acheter 288 supplémentaires.
Ils ont ensuite publié un avis d’intention venant à échéance le 1er mars sur le marché international, afin de « finaliser le processus ».
Depuis, le fabricant Chinois Zhuzhou Electric, par l’entremise de l’avocat montréalais Julius Grey, a menacé de contester la démarche de la STM car il aimerait construire un métro à roues d’acier au lieu d’un métro sur pneumatiques.

