Le vendredi 10 février 2012

Confidences d’une entrepreneure : gang de téteux ?

5 février 2010 | 13h28
 

Anne Marcotte
collaboratrice, Argent

«Ouin, ils m’énervent avec leurs horaires de travail, je vais leur dire ma façon de penser, je ne voulais pas travailler trop souvent le soir puis en plus, ils sont achalants avec le nettoyage des comptoirs, gang de téteux !».

 

C’est ainsi que cette jeune caissière a exprimé sa pensée devant son coéquipier à l’emballage sans même se soucier de ma présence.

Disons que j’étais loin d’imaginer que mon expérience d’achat allait se terminer ainsi. Je venais de vivre un étonnant paradoxe. Le commerce dans lequel je me retrouvais était piloté humblement par un homme qui avait réussi à gravir les échelons un à un. Au bout de plusieurs années, ses établissements de commerce au détail avaient fini par figurer parmi les plus convoités dans le secteur de l’alimentation.

Avant d’entrer dans sa toute dernière réalisation, je ressentais beaucoup de fierté pour cet entrepreneur. Un gars extrêmement travaillant et sans prétention. Un vrai symbole d’enthousiasme toujours motivé par la qualité et le service à la clientèle.

Pardon Mademoiselle !

Malheureusement, la dernière personne avec qui je devais traiter dans sa nouvelle épicerie se retrouvait complètement aux antipodes des valeurs de cet entrepreneur. Un véritable éteignoir. Je ne me suis pas gênée pour lui dire que je trouvais ça inacceptable qu’elle tienne de tels propos à l’égard de son employeur.

De toute évidence, elle ne respectait pas celui qui signait son chèque de paye. Pire, elle semblait se foutre royalement des clients.

Une fois dans la voiture, j’ai ressenti de la déception et de la colère s’emparer de mon cœur d’entrepreneur. Comment peut-on se ramasser avec une telle main d’œuvre?

Hors de tout doute, je ne venais pas de vivre un cas isolé ou strictement générationnel. Plusieurs gens d’affaires que j’estime m’ont avoué, sous la confidence et ce, à plusieurs reprises, vivre de plus en plus des situations tout aussi désolantes.

Mais qu’est-ce qui ne va pas avec certaines de nos ressources humaines ?

Est-ce que les tendances dans la gestion du capital humain au Québec créent aux entrepreneurs le même genre de problèmes que la Régie du logement peut parfois générer à l’égard de certains propriétaires découragés face à des locataires problématiques?

Comment conclure ?

Qu’est-ce qu’on valorise exactement en 2010? Est-ce que l’éthique de travail est en train de foutre le camp? Faisons-nous face à un manque de rigueur et de conscience pour la qualité totale?

Chose certaine, de telles situations sont inacceptables et ne devraient jamais être excusées. Ni de la part de nos entrepreneurs pas plus que d’une société telle la nôtre.

Car pour revenir à l’expression de la jeune fille, si quelqu’un est « téteux » à quelque part, ce sont celles et ceux qui tolèrent et qui se taisent à l’endroit d’une telle nonchalance.

Et vous, en connaissez-vous des histoires de la sorte? Et quel est votre diagnostic?

Une tribune pour vous !

Je vous remercie de partager avec moi vos rêves, vos ambitions, vos anecdotes stimulantes, vos inquiétudes, vos succès, etc. Vos courriels sont nombreux et vos histoires m’intéressent toujours.

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