Le vendredi 10 février 2012

Un psychanalyste transformera-t-il l’image de Québec ?

3 février 2010 | 13h03
 

Michel Munger
Argent

La ville de Québec veut redéfinir son image de marque pour attirer les touristes d’ailleurs dans le monde. La solution choisie ? L’embauche d’un psychanalyste français spécialisé dans les pulsions inconscientes des gens.

Clotaire Rapaille Photo: Agence QMI

Il s’agit de Clotaire Rapaille, un spécialiste de marketing hors du commun. Il a reçu un mandat dont le prix est évalué à 300 000 $ pour conseiller la ville avec son image de marque. Il a débarqué à Québec hier et il doit faire ses recommandations au printemps.

M. Rapaille est connu pour ses «découvertes archétypes». Il allie la psychologie au marketing afin de découvrir les envies et les besoins inconscients qui poussent les gens à choisir un produit ou un service.

Parmi ses faits d’armes, le psychanaliste compte les conseils donnés au constructeur automobile Chrysler pour l’élaboration de son modèle PT Cruiser. Celui-ci a frappé l’imaginaire au début des années 2000, plus de 1,3 millions d’exemplaires ayant trouvé preneur.

C’est aussi Clotaire Rapaille qui a dit au candidat présidentiel américain déchu John Kerry qu’il était trop «français» pour séduire ses compatriotes.

Dany Thibault, président du conseil d’administration de l’Office du tourisme de Québec, précise que le choix de ce consultant est justifié pour un dossier à saveur mondiale. «Si ça a marché pour [les besoins touristiques de] Singapour et Dubaï ainsi que pour le PT Cruiser de Chrysler, il n’y a pas de raison pour que notre ville, avec tous ses charmes, ne puisse se positionner à titre de destination.»

«Le défi n’est pas régional, poursuit M. Thibault. Nous travaillons sur Toronto, Vancouver, New York, Boston, Paris, Londres, Marseille, Bordeaux. Pour eux, le 400e anniversaire de Québec ne voulait pas dire grand-chose.»

Selon lui, Québec ne dispose plus d’outils de marketing comme l’a été sa présence dans la Ligue nationale de hockey. Il est donc important de réagir.

«Que vous soyez amateur ou non, estime Dany Thibault, le plus grand étendard que nous avons eu était d’avoir le logo des Nordiques sur la première page du Boston Globe. C’était aussi quand le New York Times montrait le même logo dans les pages sportives lorsque le but d’Alain Côté a été refusé. Allez aux États-Unis et dites que vous venez de Québec. Les gens diront : oh yes, the Nordiques ! Ça ne veut pas dire que nous devons utiliser les Nordiques dans notre image de marque mais il faut trouver une nouvelle façon de se démarquer.»

Le coup de main de M. Rapaille sera-t-il si décisif pour la capitale québécoise ? «Il a quand même une expérience sur le plan international et sur le positionnement de destinations, répond M. Thibault. Si vous aviez le choix d’une grande destination, iriez-vous à Dubaï ? Peut-être !»

Certains doutent que le jeu en vaille la chandelle. La conseillère municipale indépendante Anne Guérette a bien demandé si le travail du psychanaliste fournira «juste un slogan pour 300 000 $ ou s’il va y avoir un logo et d’autres éléments avec ça».

Le président du conseil de l’Office de tourisme de Québec y voit au contraire un bon investissement. «Si nous avions donné le mandat à une agence de publicité, la facture aurait probablement été plus élevée.»

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