Hôpitaux: l’IRIS opposé à la sous-traitance alimentaire
L’Institut de recherche d’informations socio-économiques (IRIS) émet de sérieuses réserves face au projet de confier à des sous-traitants les services alimentaires des futurs centres hospitaliers universitaires CHUM et CUSM.
L’IRIS vient de publier une étude qui questionne le choix des administrateurs des deux grands hôpitaux qui doivent être construits à Montréal d’ici quelques années.
Les plans fonctionnels et techniques des futurs centres hospitaliers prévoient une place grandissante aux aliments froids préparés à l’extérieur des hôpitaux par des entreprises privées comme Sodexo qui est pressenti pour décrocher le contrat au CUSM, le Centre universitaire de Santé McGill.
«La plupart du temps, les économies attendues ne sont pas au rendez-vous», a commenté à Argent Guillaume Hébert, auteur de l’étude, soulignant que la sous-traitance va entrainer la multiplication des produits congelés ou surgelés.
Le rapport de l’IRIS souligne que les expériences de sous-traitance de services alimentaires réalisées jusqu’à maintenant dans les milieux hospitaliers se sont régulièrement soldées par des échecs retentissants.
L’étude souligne qu’en 1995, l’hôpital Providence de Magog a choisi d’abandonner la sous-traitance après 4 ans parce que les coûts d’achats avaient grimpé de 30,5%. Le retour à l’administration publique a ensuite permis de réduire les frais de près de 15% en 5 ans.
«Au Manitoba, le vérificateur général a conclu que les coûts associés à la gestion des aliments dans les hôpitaux avaient doublé après 10 ans de sous-traitance», a ajouté M. Hébert.
Le recours à des sous-traitants peut aussi avoir des conséquences sur la santé des patients aux yeux de l’IRIS. L’étude de l’Institut relève que les expériences passées au Québec ou ailleurs n’ont pas toujours été garantes de l’amélioration des services.
«La qualité n’est pas là que se soit pour la valeur nutritive ou pour la satisfaction des clients», a déploré Guillaume Hébert, précisant que les conditions de travail du personnel affecté au service alimentaire déclinent lorsqu’il y a une privatisation de services.
«On doit être doublement soucieux et critique puisque le projet est de construire des hôpitaux qui vont être les fleurons de la médecine québécoise», a conclu Guillaume Hébert, soulignant que des pays étrangers comme l’Italie ou la Suisse adoptent maintenant de nouvelles tendances en mettant l’accent sur des produits frais et locaux plutôt que sur les aliments surgelés.


