Québec serait disposé à donner plus de 7% au secteur public
Mise à jour: 28 janvier 2010 | 06h27
Marois juge les demandes du secteur public «un peu élevées»
Agence QMI
Même s'il prétend vouloir tout régler en deçà de 7 % sur cinq ans, le gouvernement Charest serait plus vraisemblablement disposé à donner davantage aux 563 866 employés du secteur public québécois.
Des informations en provenance des négociateurs syndicaux indiquent que les fonctionnaires qui négocient pour le gouvernement auraient fait comprendre que le cadre financier de 7 % n'était pas coulé dans le béton.
«Le gouvernement nous a fait une offre, en nous disant que ce n'était pas une offre finale, globale et totale», a confié au Journal un officier syndical de haut rang de la FTQ.
Même chose à la CSN où l'offre gouvernementale ne semble pas susciter une vive inquiétude, parce qu'on n'y croit tout simplement pas.
«On nous dit que tout est négociable, même la date d'échéance», nous a confié une source syndicale impliquée dans les pourparlers.
Discours souple
Le discours gouvernemental aux tables de négociations serait donc beau-coup plus souple que celui tenu sur la place publique.
Selon les syndicats, les fonctionnaires du Trésor n'ont actuellement pas en mains le mandat de régler. L'atmosphère est bonne et les pourparlers sont menés rondement, au grand bonheur des syndicats.
L'impression générale est que le gouvernement défoncera sa cible de 7 %, reste seulement à voir comment. «On ne prend pas ça comme une offre finale», dit une autre source.
Détail important : les modifications aux régimes de retraite ont été sorties des négociations salariales et n'auront assurément pas d'impact négatif sur les autres aspects de la rémunération.
Au début, tout devait être mis en bloc sur la table, mais on dit maintenant que «les négociations sur la retraite n'impactent pas le 7%».
Le gouvernement pourrait toutefois trouver là un moyen de réduire ses obligations financières pour se ménager une marge de manoeuvre. «À l'intérieur de ça, tout est possible», dit-on.
Clause compensatoire
La présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, affirme que le gouvernement tient toujours à son 7 % sur cinq ans, mais rappelle du même souf fle que le gouvernement offre une «clause compensatoire» liée à la croissance économique.
De plus, si des «gains de productivité» sont faits, ce qui est évidemment possible, certains corps d'emploi profiteront d'un gain supérieur à 7 %. «C'est aux tables de négociations que ça va se régler, pas sur la place publique», tranche Mme Gagnon-Tremblay.
Le texte de novembre, précisant le cadre des négociations sur lequel se sont entendus le Trésor et les syndicats, prévoit incidemment que «l'ajustement à la hausse prévu ci-dessus est sujet à un maximum à convenir avec les syndicats».
Rappelons que les syndicats réclament 11,25% sur trois ans, alors que le gouvernement propose 7 % sur cinq ans, soit 3,2 milliards versus 2,3 milliards. Tous les syndicats ont refusé net. Mais, somme toute, leur réaction est restée polie. La ministre souhaite d'ailleurs que «les syndicats réagissent modérément».

