Le vendredi 10 février 2012

Journal de Montréal : toujours pas de rapprochement

20 janvier 2010 | 14h13
Mise à jour: 20 janvier 2010 | 15h52
 

Mathieu Lavallée
Argent

Après presque un an de conflit de travail, il n’y a toujours aucun rapprochement en vue entre les 253 employés du Journal de Montréal et sa direction.

 Agence QMI

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, les journalistes et employés de bureau du quotidien de la rue Frontenac ont été mis en lock-out par la direction de Quebecor (QBR.B), propriétaire du journal.

Lors d’une conférence de presse tenue par le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM), son président Raynald Leblanc a fait le point sur la situation et les mois à venir dans le conflit.

« Ce que nous voulons, c’est que Pierre Karl Péladeau nous ramène à la table des négociations », a affirmé M. Leblanc.

« Nous avons essayé plusieurs façons de réinviter la direction à la table. La réponse que nous avons eue, ce sont des demandes supplémentaires, en nous disant que nous sommes à des années lumières d’une entente et qu’il ne vaut même pas la peine de nous rassoir », a ajouté le président du STIJM.

De l’avis du syndicat, c’est la direction qui possède actuellement la clé du conflit, étant donné qu’ils sont toujours ouverts à la négociation de leur côté.

Le syndicat a « brisé la table de négociations »

La direction fait cependant une autre lecture des événements. En entrevue sur les ondes d’Argent, la porte-parole de Quebecor Isabelle Dessureault a affirmé que c’est le refus de consentir à des réductions de personnel autrement que par les départs volontaires qui a fait achopper la dernière tentative de négociation.

« Il était alors impossible de poursuivre. Ça a brisé la table de négociations », a précisé Mme Dessureault, puisqu’il s’agit pour eux d’un enjeu majeur. À l’heure actuelle, la convention collective prévue ne permet aucune mise à pied. « Nous avons besoin de nous adapter aux nouvelles réalités du marché », ajoute Mme Dessureault, en soulignant que le Journal a perdu près de 40 % de ses ventes de petites annonces en deux ans.

La direction du Journal de Montréal demande de revoir plusieurs points, notamment l’horaire de travail, le contenu provenant d’autres médias de Quebecor et d’importantes réductions de personnel dans la salle de rédaction.

Du côté du syndicat, on s’oppose à la plupart de ces demandes et on affirme que les réductions de personnel pourraient être atteintes grâce à des départs volontaires.

Un conciliateur d’envergure

Selon Michel Grant, professeur en relations de travail à l’UQAM, la nomination d’un conciliateur de prestige pourrait aider à débloquer les négociations, ce que les deux parties sont prêtes à accepter. D’autant que le conflit ne semble pas à la veille de se régler.

« C’est un conflit qui est long, mais c’est toujours le cas avec Quebecor », a-t-il affirmé en citant les exemples du lock-out de Vidéotron au début des années 2000 et celui du Journal de Québec en 2007. Il souligne également que le quotidien est toujours rentable, ce qui n’incite pas à régler le conflit du côté patronal.

Les plus populaires