Autoroute Bonaventure: plaidoyer pour un boulevard urbain
Michel Munger
Argent
Les consultations publiques sur le projet de réaménagement de l'autoroute Bonaventure se sont terminées hier soir à Montréal et la Société du Havre défend bec et ongles sont projet de boulevard urbain.
Réjean Durocher, directeur du projet Bonaventure, est venu en parler chez Argent ce matin.
La Société du Havre a présenté lors des consultations un mémoire dans lequel elle défend le projet de boulevard urbain et la création d'un Quartier Bonaventure.
Comme les autres options, le boulevard urbain a ses opposants, avoue M. Durocher. «Il y a des gens qui sont à proximité et mêmes des gens qui cherchent à voir un quartier correspondant à ce que l'on voit dans le Sud-Ouest, comme le quartier international, des multimédia ou des affaires.»
Réjean Durocher dit même comprendre les inquiétudes de certains opposants. «Ceux qui vivent à proximité voient l'arrivée d'un corridor d'autobus avec un certain volume de trafic. Tout le monde est d'accord qu'il faut un train léger sur rail dans le futur, mais quand sera ce futur en fonction des conditions financières du Québec ? La meilleure solution, pour s'arrimer avec ce futur, c'est le corridor Dalhousie.»
La Société du Havre estime avoir choisi une solution à long terme au lieu de simplement retaper les installations existantes. «Nous avons le choix de réparer l'autoroute pour un coût de 60 M$, ce qui durera 20 ans. Après cela une reconstruction coûtera 100 M$.»
«Nous pouvons rabaisser le tout au niveau du sol et aménager la partie centrale, ajoute-t-il. C'est là l'intérêt. En mettant en valeur ces terrains-là, nous pouvons financer les travaux. Nous avons démontré qu'il y avait une rentabilité à construire au centre et à aménager des aires vertes.»
Le mode de transport dans les environs est un autre élément stratégique derrière le projet. «Nous cherchons à entrer dans le plan directeur de transport de la Ville de Montréal en réduisant l'accès à la circulation automobile au profit du transport en commun. Pour augmenter le transport en commun, il faut imposer un entonnoir aux véhicules. Avec des feux de circulation, le trafic sera ralenti.»
Cette décision qui peut faire rager les automobilistes a toutefois quelque chose à voir avec un mode de vie dont Montréal fait la promotion. «S'il y a des feux de circulation et que l'on veut créer un quartier convivial, il faudra ajouter des passages piétonniers. Encore là, il y a un délai additionnel pour les véhicules automobiles. Les simulations ont démontré que si l'on voulait favoriser le transport en commun, on ne pouvait laisser les autobus dans les mêmes voies de circulation que les autos.»
Maintenant, la Société du Havre attend le rapport de l'Office de la consultation publique avant d'aller plus loin.


