Hausser les tarifs d’électricité serait inéquitable (IRIS)
Argent
Augmenter les tarifs d’électricité exigerait un effort plus important des ménages les moins riches de la province, ce qui en fait une mesure inéquitable socialement, soutient l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) de Montréal, qui a publié une étude vendredi.
De plus, l’Institut estime qu’il est faux de prétendre que l’électricité est vendue au rabais au Québec puisque Hydro-Québec fait d’importants profits.
L’IRIS a calculé que la proposition du gouvernement Charest de hausser de 1 cent le kilowattheure le tarif du bloc patrimonial d'Hydro-Québec représentera une contribution supplémentaire de 0,7% du revenu disponible pour les moins nantis de la société québécoise, alors que celle des mieux nantis ne sera que de 0,24%.
«L’augmentation des tarifs d’électricité ne viendra pas rectifier une supposée «subvention» aux plus riches, mais au contraire, viendrait exercer un poids relatif plus lourd sur les ménages les moins riches», écrivent les chercheurs Eve-Lyne Couturier et Pierre-Antoine Harvey.
L’IRIS souligne aussi que les tarifs imposés présentement aux clients résidentiels permettent à Hydro-Québec d’encaisser des profits importants, en dépit du coût plus élevé de la nouvelle production.
«Au regard de la marge de profits déclarée par Hydro-Québec, rien ne nous permet d’affirmer qu’elle vend son électricité en solde», disent les chercheurs.
«Au contraire, si on appliquait à la lettre le principe de l’utilisateur-payeur, il faudrait fort probablement consentir une baisse de tarif aux consommateurs québécois tant le rendement actuel de la division Production est élevé.»
L'IRIS note que l'électricité du bloc patrimonial est produite à un coût moyen de 2,2 cents le kilowatt/heure et que cette énergie est revendue par la division Production à division Distribution à un coût de 2,79 cents le kilowattheure.
Cette dernière revend l'électricité aux clients résidentiels à un coût de qui varie de 5,45 cents à 7,46 cents le kilowattheure.
En dernier lieu, l'IRIS soutient que la hausse du bloc patrimonial tel que proposée ne peut avoir d'effet positif substantiel sur l'environnement à cause de la structure de tarification actuelle d'Hydro-Québec.


