Val-d'Or: «On risque de perdre jusqu'à 50% des emplois»
Agence QMI
«Notre région risque de perdre jusqu'à 50% de ses emplois dans certaines productions avec le nouveau Plan de redressement en matière de gestion des risques agricoles annoncé hier par le ministre Claude Béchard», affirme Réjean Comeau, d'Authier, président de la Fédération de l'Union des producteurs agricoles de l'Abitibi-Témiscamingue.
«Le ministre a annoncé un investissement de 650 M $ par année pour mettre son Plan en oeuvre, a-t-il commenté, aujourd'hui (vendredi), «mais il y a une tranche de 130 M $ à laquelle les producteurs de notre région ne seront pas admissibles en raisons des critères fixés par le gouvernement.»
Contenu du Plan
Le Plan de M. Béchard prévoit que l'État épongera le déficit de 1 G$ accumulé par la Financière agricole, au cours des années, et lui accordera une contribution de 630 M $ pour chacune des cinq prochaines années. Il inclut aussi une enveloppe de 20 M $ par année au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation pour mettre en place un vaste plan de redressement de l'industrie.
Il comprend le maintien ainsi que l'ajustement du Programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA), la diminution de la pression de la production porcine sur les coûts de l'ASRA, l'attribution de ressources financières supplémentaires dans l'autogestion des riques, et un soutien à l'adaptation à la multifonctionnalité de l'agriculture.
Baisse des compensations
Au niveau de l'ASRA, le Plan rejoindra plus de productions, mais l'aide consentie aux éleveurs sera moindre, ce qui aura des impacts négatifs importants pour ceux de notre coin de pays, selon le président de l'UPA. «Prenons, à titre d'exemple, nos productions non-dominantes (boeuf, agneau et petites céréales), de dire M. Comeau. 85% des entreprises sont sous le régime de l'ASRA. Or, elles seront amputées de 30% à 35%. Cela risque d'avoir des conséquences dramatiques pour bon nombre d'entre elles.»
M. Comeau a rappelé que l'étude du groupe ÉcoRessources Consultants, dévoilée récemment, était claire à ce sujet: une baisse de l'aide financière du gouvernement pourrait faire disparaître jusqu'à 40% des fermes oeuvrant dans ces créneaux. L'ampleur de la réduction de sa contribution risque d'être encore plus catastrophique, selon ses dires, ce qui l'amène à parler d'une perte potentielle de 50% des emplois.
Les productions dites «non-dominantes» de la région emploient créent 934 emplois, actuellement, selon l'étude.


