Culture : le privé doit accroître son aide
Argent
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain estime que le secteur privé doit hausser sa contribution au financement des entreprises culturelles pour accroître leurs retombées économiques. L’organisation a tiré cette conclusion à l’issue d’une enquête destinée à tracer le portrait du secteur culturel montréalais.
Selon l’étude, qui s’est penchée sur le bilan de 294 organismes culturels, 21% du financement des entreprises culturelles provient de dons ou de commandites du secteur privé. «La culture montréalaise ne pourra pas devenir encore plus puissante et visible à l’international sans une implication massive du secteur privé», a affirmé Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Le portrait tracé par la Chambre de commerce démontre que l’investissement en vaut la chandelle puisque les entreprises culturelles du Grand Montréal génèrent des retombées économiques annuelles de 12 G$ en plus d’employer près de 100 000 travailleurs. La contribution directe du secteur culturel dans l’économie représente 6% du PIB montréalais, soit l’équivalent du poids du secteur de la construction dans le PIB du Québec.
L’industrie culturelle est aussi importante au plan de la création d’emplois car le nombre de postes dans le secteur culturel a grimpé de 57% en dix ans. Entre 1998 et 2008, le nombre d’emplois a bondi de 4,6% par année dans le secteur culturel alors que la hausse a été de seulement 1,7% pour l’ensemble des secteurs dans la région métropolitaine. Les 96 910 travailleurs de la culture sont d’ailleurs beaucoup plus nombreux que les ceux de l’aérospatiale (42 000) et des sciences de la vie (41 000).
Le poids de la culture dans l’économie a beau être démontré; les entreprises privées sont-elles prêtes à s’impliquer davantage? Plusieurs joueurs ont été plombés par la récession. La Chambre de commerce n’entrevoit pas de difficultés à les convaincre mais elle aura du pain sur planche car présentement seulement 25% des entreprises contribuent au financement d’organisations artistiques. «Le défi c’est justement de convaincre les entreprises d’en faire plus», a exprimé le maire de Montréal, Gérald Tremblay, présent lors du dévoilement de l’étude.
Le rapport de recherche de la Chambre de commerce révèle également la fragilité du cœur créatif de la métropole. Le revenu annuel moyen des 11 200 artistes recensés se chiffre à 24 400$, soit la moitié du revenu moyen empoché par l’ensemble des travailleurs de la grande région de Montréal. «L’objectif c’est aussi que les artistes puisent compter sur le financement privé», a ajouté Michel Leblanc.


