Gignac n’acceptera pas les «parachutes dorés»
Argent
Clément Gignac, ministre du Développement économique, a parlé vendredi devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Argent l'a interviewé.
Q. Le gouvernement du Québec pourrait aider AbitibiBowater financièrement. Mais on se questionne beaucoup sur la gouvernance de l’entreprise notamment sur la rémunération de l’ex-dirigeant de John Weaver…
R. J’ai dis cet été qu’évidemment que si on lance une bouée de sauvetage à une entreprise, je vais m’attendre à ce que les salaires des dirigeants soit surveillé. Et aussi il devra y avoir des attaches que ce soit au niveau des actionnaires, au niveau des primes de départ. Il n’est pas question que l’on accepte des parachutes dorés. C’est une évidence que si on demande des sacrifices aux travailleurs, les dirigeants et les actionnaires aussi devront en faire. Et que tant et aussi longtemps que le gouvernement du Québec ne se fait pas rembourser ses sous, on va surveiller cela de près.
Q. Avant d’aider AbitibiBowater, vous avez dit qu’il faudrait des sacrifices importants de l’entreprise. Quels sont-ils ?
R. On fait face à un problème complexe, une industrie en pleine restructuration, le dollar qui est fort, la baisse de papier journal en baisse de 35-40 %... (…) Notre priorité ce sont les travailleurs, donc on les accompagne. Ce qu’on peut vous dire c’est qu’on ne répétera pas les erreurs de la Gaspésia et rien qui pourrait venir à l’encontre du bois-d’œuvre. Donc on a cœur les travailleurs, les retraités.Tant et aussi longtemps qu’AbitibiBowater continue à opérer, les retraites ne sont pas touchées. Mais on doit nous présenter un modèle d’affaires qui tiennent la route. Tout le monde devra faire leur chemin. Dans ce cas-là, on ne peut exclure une aide. On ne sait pas encore et on n’exclut aucune option.
Q. Vous étiez l’invité de la Chambre de commerce métropolitain vendredi pour parler de créativité et de richesse. Il va en falloir beaucoup pour palier à la diminution de la population active ?
R. On a plusieurs défis notamment celui du déficit budgétaire. Mais aussi concernant le choc démographique. Ca va être la première fois dans l’histoire du Québec en 2012-2013 que le nombre de travailleurs va commencer à diminuer. Donc la croissance économique potentielle va être affectée. Mais il y a des pistes de solutions à regarder. Par exemple, il y a des raisons pour lesquelles les gens prennent leur retraite plus rapidement ici au Québec. On essaie de voir les raisons et qu’est-ce qu’on pourrait faire pour garder plus longtemps les 55-64 ans sur le marché du travail. A ce moment là, cela contribue à la croissance économique. Mais il faut aussi réinventer le modèle d’affaires du Québec surtout avec un dollar canadien qui est près de la parité.
Q. Admettons que le dollar se maintient à parité. Est-ce que le gouvernement du Québec pourrait-il mettre de l’avant divers programmes pour aider les entreprises à faire face à cette nouvelle réalité ?
R. Premièrement, il faut dire que le gouvernement du Québec fait beaucoup. On a évidemment un retour à l’équilibre budgétaire, il faut tout d’abord voir si nous avons la marge de manœuvre. (…) Mais moi je me réjouis toutefois de voir qu’il y a 4,4 milliards $ d’investissement dans le secteur manufacturier pour 2009, c’est donc dire que les entreprises réagissent au dollar fort et elles en profitent.
Q. Comment on peut faire pour aider les PME ?
R. Le programme RENFORT de notre gouvernement aide beaucoup d’entreprises. Mais il faut dire que le Québec s’en tire mieux. Regardez seulement le taux de chômage qui a été publié ce matin, il est inférieur à la moyenne canadienne, cela est une première en 35 ans ! Les entreprises s’en tirent mieux car c’est au Québec que l’accès aux liquidités est la plus facile au Canada. Le meilleur moyen pour les gens conservent leur emploi, c’est que l’entreprise ait accès au crédit et qu’elle continue d’opérer et c’est ce qu’on active en ce moment.


