Le samedi 21 novembre 2009

345 sites miniers contaminés: Québec dit faire son travail

6 novembre 2009 | 11h26
 
Agence QMI

Pendant que les mines salissent l’environnement et refusent de payer leur dû, le ministre des Mines, Serge Simard, soutient que « le gouvernement fait son travail ».

 

Dans le cas de la compagnie américaine Century Mining (CMM), le ministre a dit que « ça fait deux ans que nous travaillons à récupérer les sommes dues par Century Mining. Le PQ n’a pas de leçon à nous donner », a-t-il soutenu à l’Assemblée nationale, hier.

« C’est digne d’une république de bananes », a déploré le porte-parole du PQ, Denis Trottier.

Il a rappelé ce que le Vérificateur général déplorait, il y a quelques mois, que 345 sites contaminés étaient éparpillés dans le nord québécois. Le VG avait démontré que les entreprises s’enfuient sans payer et que les fonctionnaires des Ressources naturelles et de l’Environnement travaillent confusément au grand bonheur des multinationales. Cette semaine, Radio-Canada a confronté la patronne de Century Mining, Peggy Kent, pour lui demander des explications sur d’anciens sites contaminés.

« Si c’est comme ça que vous traitez les pdg, je suis très déçue du Canada français », a-t-elle déclaré, méprisante, en sortant de son 4X4. Mme Kent n’a pourtant pas trop à s’en faire. Le ministre Simard a répété, hier, que le ménage du grand Nord sera fait aux frais des contribuables. « Le gouvernement a déjà voté 364 millions pour être en mesure de faire la restauration des sites miniers », a-t-il lancé en provoquant les huées des partis d’opposition.

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, le premier à dénoncer le caractère archaïque de la politique minière québécoise, a déploré les relations intimes de cette industrie avec le gouvernement libéral.

M. Khadir a indiqué que des entreprises faisant de l’extraction au Québec paient des redevances en Chine. La Norvège, en exigeant des redevances à la hauteur de la valeur de ses ressources, a accumulé 200 milliards, l’équivalent de la dette publique du Québec. Selon M. Khadir, les minières devraient peut-être taxer à la source, en vertu d’une sorte de « pension alimentaire environnementale ».

M. Khadir a répété, hier, que le député libéral Daniel Bernard se promenait récemment à l’Assemblée nationale avec des dirigeants de la minière Osisko, dont les activités bouleversent la vie de la population de Malartic.

Questionné par l’agence QMIl, M. Bernard, qui travaillait dans l’industrie minière, avait lui-même « invité » les patrons d’Osisko à assister à la période des questions. Quant au contenu des réunions qu’ils ont eu ensuite avec les fonctionnaires des Ressources naturelles et du Secrétariat aux affaires autochtones, le député de Rouyn-Noranda−Témiscamingue dit qu’il n’en a pas la moindre idée.

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