Le dimanche 22 novembre 2009

Hydro-Québec ouvre une brèche dans l’Atlantique

29 octobre 2009 | 10h12
 

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En vidéo, l'analyse de Pierre-Olivier Pineau, des HEC.

Olivier Bourque
Argent

Hydro-Québec fait une entrée fracassante du côté de l’Atlantique. La société d’État se porte acquéreur de la plus grande part des actifs d’Énergie Nouveau-Brunswick pour un montant de 4,75 milliards $.

 

L’annonce a été faite en grande pompe à Fredericton par les premiers ministres du Québec, Jean Charest, et du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham.

Hydro-Québec va payer 4 milliards $ de cette acquisition par l'émission d'obligations. Le gouvernement du Québec se porte toutefois garant du montant. La société d'État va payer les 750 millions $ restants à même ses fonds propres.

Si la transaction se concrétise, Hydro-Québec acquerra les sept centrales hydroélectriques d'Energie NB et la centrale nucléaire de Point Lepreau, une fois que sa réfection sera terminée, en 2011, de même que les infrastructures de distribution et de transport de l'entreprise.

Selon le premier ministre Charest, cette transaction permet aux Québécois «de faire l’acquisition d’actifs de qualité et de bénéficier à moyen terme d’un approvisionnement d’énergie propre».

Avec cette transaction, le gouvernement du Québec pourrait étendre ses tentacules jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard via le réseau d’Énergie NB.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick conserve les centrales au charbon et au mazout qui seront fermées à court terme ainsi que la centrale de Belledune (charbon). Avec cette transaction, Hydro-Québec va maintenant desservir 370 000 nouveaux clients.

Les premiers ministres convaincus de la transaction

Les deux premiers ministres ont soutenu que cette méga-transaction est positive pour les deux gouvernements. La dette du Nouveau-Brunswick va diminuer de 40 % avec cette transaction.

De son côté, Hydro-Québec compte profiter de cette acquisition pour faciliter ses exportations d'électricité vers les États-Unis notamment vers le Maine. La route vers des villes américaines d’importance notamment Boston et New York risque ainsi d’être plus dégagée pour la société d’État.

Selon le protocole signé lundi, Hydro-Québec s’engage à geler les tarifs des clients résidentiels et d’affaires du Nouveau-Brunswick durant cinq ans.

Il n'y aurait aucune incidence sur les tarifs au Québec qui sont actuellement 60 % moins élevés qu'au Nouveau-Brunswick.

Selon l’entente signée, le gouvernement du Nouveau-Brunswick demeure en contrôle de la gestion de sa société d’État.

Shawn Graham devra partir en pélerinage

Mais avant d’arriver à la conclusion de cette transaction, le premier ministre Shawn Graham devra convaincre sa population du bien-fondé de l’acquisition de sa société d’État par Hydro-Québec.

Il s’est notamment engagé à tenir des débats. Ceux-ci devront toutefois se faire rapidement alors que la conclusion de la transaction devrait être en mars 2010.

M. Graham aura aussi à calmer la grogne qui s’est installée dans les Maritimes. Un des ténors de la région, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, a déjà indiqué qu’il allait se battre pour empêcher cette transaction.

M. Williams est en guerre ouverte avec le gouvernement du Québec en raison du contrat de l’aménagement de la rivière Churchill survenu en 1969. Une entente qui a permis au Québec de toucher 19 milliards $ alors que sa province n’a obtenu qu’un milliard, selon ses dires.

M. Williams a aussi des visées vers les États-Unis. Il aimerait exporter le potentiel hydroélectrique de la rivière Churchill vers la Nouvelle-Angleterre.

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