Le dimanche 22 novembre 2009

Hydro-Québec et Énergie NB vont signer un protocole

28 octobre 2009 | 05h38
 
Olivier Bourque
Argent

Le Québec et le Nouveau-Brunswick vont signer un protocole d'entente concernant Énergie Nouveau-Brunswick jeudi à Fredericton. Les détails n'ont toutefois pas été dévoilés.

 

L'annonce se fera avec le premier ministre Shawn Graham en présence du PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.

Hier, le premier ministre du Québec, Jean Charest, avait mis la table confirmant des discussions entre sa province et le Nouveau-Brunswick.

Questionné à cet effet, M. Charest a indiqué que les deux provinces se parlent à l’heure actuelle. «On aura l’occasion de vous en parler à la fin de nos discussions», a souligné le premier ministre.

La signature du protocole d'entente entre Québec et Fredericton ouvrirait la voie aux changements législatifs nécessaires à la réalisation de la transaction qui serait évaluée à 5 milliards $.

Une fois acquise par Hydro-Québec, la société énergétique du Nouveau-Brunswick conserverait son identité corporative et pourrait continuer à se présenter devant la Commission de l'énergie et des services publics de la province pour justifier toute hausse des tarifs.

Dès la prise en charge d'Énergie NB par Hydro-Québec, les tarifs industriels seraient réduits alors que les tarifs de l'électricité pour usage domestique seraient gelés pendant cinq ans. Mais selon les calculs de spécialistes, les prix de l’électricité au Nouveau-Brunswick sont environ 70 % plus dispendieux qu’au Québec.

Pour la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, s’il y avait une entente avec le Nouveau-Brunswick, ce serait une bonne chose pour le Québec.

«L’entente se ferait à l’avantage du Québec et des Québécois. À chaque fois qu’Hydro-Québec a eu l’occasion d’effectuer une transaction, cela a toujours un effet bénéfique pour la province», a indiqué Mme Normandeau.

Énergie Nouveau-Brunswick est une société d’État qui agit comme Hydro-Québec. La société est toutefois en graves difficultés financières et possède une dette d’environ 4 milliards $. Mais selon toutes vraisemblances, le gouvernement n'avalerait pas la dette de la société.

Selon le spécialiste des questions énergétiques, Pierre-Olivier Pineau, cette acquisition se ferait à l’avantage d’Hydro-Québec.

«On peut faire confiance à Hydro-Québec afin qu’il négocie correctement cette entente», croit-il.

Selon M. Pineau, cette entente pourrait également permettre à Énergie Nouveau-Brunswick de régler son problème d’approvisionnement qui serait assuré par Hydro-Québec. A l’heure actuelle, la société d’État a certains problèmes notamment avec Énergie Atomique Canada afin d’obtenir son approvisionnement d’énergie nucléaire.

Elle a aussi des difficultés à obtenir du charbon et du pétrole selon le spécialiste.

Pour Hydro-Québec, l’avantage serait au niveau du tracé qui lui permettrait d’avoir un accès direct au marché américain en l’occurrence le Maine.

Une situation qui ne fait pas plaisir au premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, qui a souligné qu'il lutterait contre toute tentative d'Hydro-Québec de prendre le contrôle d'actifs clés d'Energie Nouveau-Brunswick.

M. Williams est en guerre ouverte avec Hydro-Québec depuis l'entente pour l’exploitation de la Riviere Churchill, une entente qui n’a pas été suffisamment lucrative pour sa province, selon lui.

Le premier ministre Shawn Graham a d'ailleurs envoyé une lettre mardi justifiant ses discussions avec Québec.

Cliquez ici pour lire: Profil de la société Énergie N.B.

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