L’opposition met en doute les chiffres de Bachand
Argent
Les partis d’opposition ont généralement accueilli avec scepticisme le chiffre de 4,7 milliards $ qui équivaut au déficit québécois pour l’année en cours. Celui-ci a été dévoilé par le ministre des Finances, Raymond Bachand, lors de sa mise à jour économique d’aujourd’hui.
Selon le critique des Finances du Parti québécois, Nicolas Marceau, le gouvernement porte «des lunettes roses cette année» quant à la situation des finances publiques du Québec.
«Le chiffre de 4,7 milliards $ m’apparaît trop optimiste, le chiffre véritable sera beaucoup plus gros», a estimé le député de Rousseau.
M. Marceau a également souligné que le gouvernement Charest n’a pas fourni tout le portrait des finances publiques. «Il s’agit d’un gouvernement qui utilise beaucoup l’endettement et les emprunts. Or, le document ne fait mention ni de l’un, ni de l’autre», a-t-il avancé.
Selon le critique des Finances chez l’Action démocratique du Québec (ADQ), François Bonnardel, le gouvernement s’est livré «à un bel exercice de relations publiques».
M. Bonnardel affirme ne pas comprendre l’enthousiasme du ministre des Finances qui s’est réjouit d’être en meilleure position financière que l’Ontario ou le Canada.
«C’est difficile à comprendre avec un déficit qui explose, une dette qui est abyssale, un plan de retour à l’équilibre budgétaire qui est incomplet et aucun plan de réduction des dépenses», a-t-il estimé.
L’ADQ s’est dit toutefois prêt à participer à la vaste consultation qui sera lancée par le gouvernement afin d’identifier les endroits où le gouvernement pourrait hausser ses tarifs. Surtout dans un contexte où les revenus n’augmentent pas, a soutenu M. Bonnardel.
Le député de Québec Solidaire, Amir Khadir, a été plus nuancé. Selon lui, le ministre Bachand n’a pas cédé à la «panique».
«Nous sommes d’accord pour un atterrissage en douceur dans l’aplanissement du déficit budgétaire sur plusieurs années», a estimé M. Khadir.
Le député de Mercier a toutefois réaffirmé que son parti est contre «les coupures des services et l’augmentation des tarifs».
«Il faut protéger les revenus des salariés, protéger leur pouvoir d’achat. C’est aussi une manière de relancer l’économie», a conclut M. Khadir.
Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, dont les membres seront en négociation avec le gouvernement dans les prochains mois a pris la balle au bond.
«Aujourd’hui si on regarde les chiffres, au Québec ça va bien surtout par rapport à nos voisins. Il ne faut pas oublier qu’il y a une provision de 300 millions $. Donc on est dans une position économique intéressante», a-t-il indiqué.
Le Conseil du patronat s’est quant à lui inquiété sur le poids de la dette publique. «Il est rassurant de constater que le Québec évite la catastrophe au chapitre du déficit budgétaire. Il faut toutefois garder à l'esprit que la dette publique du Québec (…) continue d'augmenter», a réagi le président Yves-Thomas Dorval.


