Et si la Caisse de dépôt gérait les prêts étudiants?
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Une étude publiée récemment par l'Institut de recherche et d'information socio-économiques (IRIS) propose de transformer en profondeur le programme québécois de prêts étudiants pour confier à la Caisse de dépôt et placement du Québec le mandat de consentir les prêts aux étudiants de la province.
«Ça permettrait au gouvernement et aux étudiants de payer moins d'intérêts», explique Philippe Hurteau, chercheur à l'Iris.
Actuellement les prêts étudiants sont octroyés par des institutions financières comme les banques et les caisses Desjardins. Le gouvernement du Québec verse les intérêts pendant toute la durée des études et l'étudiant les assume une fois sa scolarité complétée.
Au cours de l'exercice 2007-2008, Québec a versé plus de 80 M$ en intérêts à différentes institutions financières, soit 45% du budget annuel de l'Aide financière aux études qui se chiffre à 175 M$. Depuis 20 ans, c'est 1,4 G$ que le gouvernement a déposé dans les coffres des banques et du Mouvement Desjardins.
L'Iris croit que la Caisse de dépôt pourrait offrir des taux d'intérêt inférieurs aux diplômés et au gouvernement. Le taux préférentiel de la Caisse serait ajusté au taux d'inflation donc moins élevé que les quelques 6% payés présentement par les diplômés. Le taux du gouvernement est déjè moins élevé que celui des diplômés, il va se chiffrer à 1,79% en novembre 2009. Selon, l'IRIS un étudiant moyen épargnera environ 891$ en intérêt pendant la période de remboursement de son prêt.
«En plus, ça placerait les épargnes des retraités à l'abri des fluctuations des marchés financiers», explique M. Hurteau, rappelant que la Caisse de dépôt a perdu près de 40 G$ en 2008 en enregistrant un rendement négatif de 25%.
Le concept de taux d'intérêts ajustés à l'inflation n'enchante pas Claude Garcia, ancien membre du Conseil d'administration de la Caisse et ex-président de Standard Life. «Personne ne va prêter de l'argent à des taux aussi bas», exprime-t-il, admettant cependant que les taux des institutions financières sont élevés pour des prêts garantis par le gouvernement. Un taux d'intérêt ajusté à l'inflation ne génèrerait d'ailleurs aucun rendement soulève Claude Garcia.
Le projet de l'Iris laisse également la Caisse de dépôt de glace. «On ne prête pas à des particuliers», affirme Maxime Chagnon, porte-parole de l'institution, rappelant que le mandat de la Caisse est de gérer l'argent des déposants.
«La Caisse a pas d'affaire à compétitionner les banques. C'est un gestionnaire de fonds de retraite et elle est pas organisée pour gérer des petits prêts», conclu, Claude Garcia, opposé à la proposition de l'Iris.


