Le mardi 9 février 2010

Les agriculteurs en rogne contre Charest

9 octobre 2009 | 16h05
 
Olivier Bourque
Argent

Les agriculteurs d’un peu partout au Québec sont en rogne contre le gouvernement Charest qui serait en voie de ratifier l’Accord sur le commerce intérieur. Selon l’Union des producteurs agricoles (UPA), cet accord va provoquer un nivellement par le bas des normes de qualité dans l’agroalimentaire.

 

Plusieurs fédérations de l’UPA ont occupé les bureaux de ministres notamment celui du ministre de l’Agriculture Claude Béchard, du ministre Sam Hamad et même celui du premier ministre Jean Charest.

Les agriculteurs demandent notamment à l’administration Charest de reporter la signature de l’accord interprovincial sur le commerce qui devrait être fait la semaine prochaine à Whitehorse.

Avec cet accord, les entreprises ou les gouvernements pourront contester toute réglementation perçue comme une entrave au commerce.

En entrevue avec Argent, un porte-parole de l’UPA, Patrice Juneau, s’est dit inquiet pour le niveau de qualité des produits qui seront vendus aux Québécois si le gouvernement Charest va de l’avant.

«C’est au Québec – et en Ontario – où les normes sont les plus élevées. Je vous donne un exemple : au Québec pour dire qu’il s’agit d’un yogourt, il doit y avoir du lait frais. Avec cet accord, un producteur de yogourt du Manitoba pourra venir vendre son produit ici sans respecter ces normes», a-t-il expliqué.

Les règles strictes d'étiquetage et les normes élevées de composition des aliments au Québec risquent de faire l'objet d'une pluie de contestations, selon le président de l’UPA, Christian Lacasse.

À la Presse Canadienne, le président a affirmé que le Québec «donne le champ libre aux industriels de l'alimentation de décider de ce qu'il y aura dans notre assiette».

M. Lacasse a souligné que les agriculteurs «vont se tenir jusqu’au bout». L’UPA s’est même rallié d’autres organismes notamment l'ACEF Québec et Option consommateurs.

De son côté, le premier ministre Jean Charest considère que l’accord va dans l’intérêt des agriculteurs québécois. «Il va dans l'intérêt du Québec que nous puissions avoir accès à ce marché. Avec une population de 7,7 millions d'habitants, c'est bien, mais, si on peut avoir accès à un plus grand marché, c'est encore mieux", a-t-il dit lors d’un débat à l’Assemblée nationale.

Du côté de l’UPA, on considère que les agriculteurs québécois ont déjà accès aux marchés canadiens en raison des normes plus élevées du Québec qui ouvre les portes de toutes les provinces.

Malgré le mécontentement des agriculteurs, le ministre québécois de l'Agriculture, Claude Béchard, refuse jusqu'à maintenant de reporter la signature de l'Accord sur le commerce intérieur.

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