Hausses de taxes et tarifs: 65% des Québécois sont en colère
Le Journal de Montréal
Si le gouvernement laissait délibérément courir des rumeurs pour tester l'opinion publique sur la possibilité d'augmenter taxes et tarifs à la consommation, eh bien voici un premier coup de sonde clair et net : les Québécois ne veulent plus qu'on fouille dans leurs poches !
C'est du moins ce qui ressort nettement d'un sondage express Léger Marketing mené pour le compte du Journal de Montréal et de l'Agence QMI, au cours de la journée d'hier.
« C'est clair et tranché, un résultat sans équivoque qui témoigne d'un sentiment généralisé dans la population », commente Mathieu Gagné, analyste chez Léger Marketing.
Augmentation des tarifs d'Hydro-Québec, majoration des différents permis, rétablissements des péages routiers, imposition de coûts de scolarité... Bref, toutes les hypothèses semblaient sur la table depuis quelques jours pour trouver une solution aux problèmes financiers du gouvernement du Québec.
Cependant, ce premier sondage démontre clairement que les Québécois se trouvent bien suffisamment taxés, qu'ils souhaitent que Québec fasse son propre ménage dans ses dépenses avant de penser à collecter d'autres revenus.
Inquiétude et colère
Le retour des déficits les inquiète (assez ou beaucoup) dans une proportion de 70 %, mais ils ne sont pas moins de 65 % à se dire en colère d'en arriver là. Les Québécois n'attribuent pas le problème à la crise économique qui a frappé, mais plutôt à la mauvaise gestion gouvernementale.
Les Québécois sont conscients que l'État est à bout de souffle au point où un sur deux se dit prêt à recevoir moins de services pour ne pas voir son chèque de paie amputé davantage.
Si le sondage porte un dur coup au gouvernement, il compliquera aussi la tâche aux employés de l'État et leurs syndicats, dont les conventions collectives seront renégociées cet hiver : 40 % des Québécois ne veulent pas que les salaires des fonctionnaires soient augmentés, 18 % limiteraient cette hausse à un maigre 1 %.
S'ils avaient une pilule à avaler de travers, les contribuables commenceraient par le retour des péages, l'introduction d'une taxe sur les aliments néfastes pour la santé et l'augmentation de certains permis et services incluant l'université et le collégial. Mais pas question de toucher à leur automobile, aux tarifs d'électricité ni à l'assurance médicament.
> Comment réagissez à l'intention du gouvernement de hausser les tarifs des services publics afin de retrouver l'équilibre budgétaire ?
65 % CELA VOUS MET EN COLÈRE
29% CELA VOUS DÉRANGE MAIS VOUS COMPRENEZ
4 % CELA NE VOUS DÉRANGE PAS
2 % NE SAIT PAS / REFUS
> Selon vous, le retour au déficit budgétaire est-il attribuable ... ?
34 %... principalement à la crise économique
64% ... principalement à la mauvaise gestion gouvernementale
2 % Ne sait pas / Refus
Les experts prévoient qu'il sera impossible de maintenir les services publics avec les revenus actuels de l'état. En conséquence, préférez-vous :
39 % PAYER DAVANTAGE pour les services publics et CONSERVER le niveau de service actuel
47 % NE PAS PAYER DAVANTAGE mais subir une DIMINUTION des services publics
14 % Ne sait pas / Refus
Le gouvernement et les syndicats de la fonction publique vont renégocier prochainement les conditions de salaires des employés de l'État. Selon vous, de quel ordre devrait être l'augmentation annuelle des salaires des employés de l'État, est-ce que cette augmentation devrait être de ...
0 % --40 %
1 % --18 %
2 % --22 %
3 %--10 %
10 % Ne sait pas / Refus
Les dépenses dans les domaines de la santé augmentent plus rapidement que les autres dépenses du gouvernement. Est-ce que l'État doit assumer l'augmentation de ces dépenses en santé ou devrait-il geler ses dépenses au niveau actuel et en conséquence diminuer les services en santé offerts ?
66 % Assumer l'augmentation des dépenses
24 % Geler les dépenses
9 % Ne sait pas Refus
> Le gouvernement du Québec a annoncé que le prochain budget sera déficitaire, est-ce que cette situation vous préoccupe ?
70% BEAUCOUP / ASSEZ
29 % PEU / PAS DU TOUT
1 % NE SAIT PAS / REFUS
> Afin de faciliter le retour à l'équilibre budgétaire, seriez-vous favorable ou défavorable à ... ?
1. Une augmentation des tarifs d'électricité
OUI NON NSP
22% 76% 2%
2. Une augmentation de votre contribution à la Régie des Rentes du Québec
OUI NON NSP
39% 56% 6%
3. Une augmentation de votre contribution au régime d'assurance-médicaments
OUI NON NSP
23% 73% 3%
4. Une augmentation de votre contribution au régime d'assurance-parentale
OUI NON NSP
25% 64% 11%
5. Une augmentation des droits sur les permis de conduire et immatriculation des véhicules
OUI NON NSP
22% 75% 4%
6. Une augmentation de votre contribution au régime d'assurance automobile (SAAQ)
OUI NON NSP
19% 77% 4%
7. Une augmentation du tarif des garderies à 7 dollars
OUI NON NSP
57% 40% 4%
8. Une augmentation des droits de scolarité universitaires
OUI NON NSP
50% 47% 3%
9. L'introduction de droits de scolarité collégiaux
OUI NON NSP
47% 48% 5%
10. L'introduction de péages sur certaines autoroutes et ponts
OUI NON NSP
60% 37% 2%
11. Une augmentation des taxes sur l'essence
OUI NON NSP
15% 83% 2%
12. L'introduction d'une taxe sur les produits alimentaires néfastes pour la santé comme les croustilles, les boissons gazeuses, etc.
OUI NON NSP
77% 22% 1%
13. Une augmentation des taxes sur le tabac
OUI NON NSP
79% 19% 2%
14. Une augmentation des droits sur les permis de chasse et de pêche
OUI NON NSP
77% 19% 4%
15. Une augmentation du tarif pour obtenir un acte officiel comme un certificat de naissance
OUI NON NSP
49% 48% 2%
16. Une augmentation des tarifs pour utiliser les parcs nationaux OUI NON NSP
48% 50% 2%
17. L'introduction d'un ticket modérateur pour l'accès aux soins de santé, c'est-à-dire que vous devriez payer un frais modeste lorsque vous désirez obtenir une consultation médicale
OUI NON NSP
57% 41% 2%
MÉTHODOLOGIE
À l'aide d'une méthode d'échantillonnage sophistiquée répliquant les conditions d'un échantillon aléatoire simple probabiliste, la présente étude a été réalisée par Internet le 29 septembre 2009, auprès de 500 personnes représentatives, âgées de 18 ans et plus et habitant au Québec. Dans les mêmes conditions, un échantillon probabiliste de cette taille présenterait une marge d'erreur statistique de +/-4 %, 19 fois sur 20. Les données finales du sondage ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité, la composition du foyer (avec ou sans enfant) et la région, de façon à garantir un échantillon représentatif de la population québécoise.
(Agence QMI)

