Où le gouvernement Charest ira chercher l’argent ?
Argent
Toutes les questions entourant les augmentations de taxes et des tarifs des services publics devraient enflammer la Colline parlementaire à Québec cet automne. Où ira piger Jean Charest en vue d’assainir les finances publiques québécoises afin de renouer l’équilibre budgétaire d’ici 2013 ? Argent a questionné des spécialistes.
Le Conseil général du Parti libéral qui s’est tenu à Drummondville en fin de semaine a finalement permis au premier ministre Charest de mettre la table à ces hausses. En vrac, le gouvernement jauge avec l’idée d’augmenter les tarifs d’électricité ou les frais de scolarité au cégep et aimerait bien implanter des postes de péages sur les autoroutes montréalaises.
Passons la chose point par point. Concernant le prix de l’électricité, le contribuable pourrait voir sa facture se gonfler considérablement. Le PLQ a déjà averti «que les tarifs actuels ne reflètent pas les coûts de production des nouvelles installations».
A l’heure actuelle, le compte moyen d’électricité est d’environ 1905 $ par année, ce qui est un des plus bas au monde en raison du bloc patrimonial qui a été accordé aux Québécois.
Mais selon l’économiste Claude Montmarquette, cette facture pourrait augmenter jusqu’à 2 880 $ par année, ce qui s’avère une augmentation de 975 $. Une mesure qui permettrait au gouvernement de refléter «le coût réel de la production».
Autre augmentation dans le viseur de Jean Charest : les frais de scolarité dans les cégeps. Actuellement, l’État ne perçoit pas de tarifs, mais les établissements se donnent le choix de percevoir un montant par session qui se trouve dans une fourchette se situant entre 80 et 250 $.
Selon Pierre Lefebvre, professeur en économie du travail à l’UQAM, le gouvernement pourrait être tenté de regarder ce qui se fait chez les autres provinces canadiennes. Dans la plupart des collèges canadiens – Community College – les frais de scolarité se trouvent entre 2 000 $ et 3 000 $ par année. Sans aller jusque là, Québec pourrait toutefois charger entre 250 et 300 $ par session au cégep.
Les permis de conduire sont également susceptibles d’augmenter. Entre 2006 et 2010, ils ont déjà pris une courbe ascendante : le prix est passé de 43 $ il y a trois ans alors qu’il va atteindre 86 $ l’an prochain.
Mais cette hausse n’a pas encore permis à la SAAQ de mettre les compteurs à zéro. La société avait toujours un manque à gagner de 2,4 milliards $ cette année en raison notamment des pertes de la Caisse de dépôt et placement.
Le gouvernement pourrait aussi augmenter la TVQ, un autre scénario plausible selon Michel Nadeau de l’Institut de la gouvernance du Québec. Toutefois, il se fait critique sur l’équité face aux hausses envisagées.
«C’est bien certain que les gens riches vont pouvoir payer alors que ce sera plus difficile pour les gens pauvres. Ce n’est pas très progressiste comme mesures… », a-t-il confié sur les ondes d’Argent.
Le gouvernement Charest considère également d’autres hausses notamment une taxe sur la malbouffe.
Des études américaines à ce sujet circulent en ce moment à Washington dont une qui propose une taxe d'accise d'un cent l'once pour les boissons gazeuses.
Une autre de l'Urban Institute de Washington propose une taxe de 10 % que percevrait l'État sur la nourriture grasse avec une faible valeur nutritive.
Le gouvernement Charest planche actuellement sur une loi-cadre qui devrait selon toutes vraisemblances établir les tarifs en fonction d’un pourcentage déterminée des coûts réels pour chaque service.
Québec souhaite aussi indexer beaucoup des tarifs existants alors que certains n’ont pas bougé depuis les années 1980.


