Tarifs du gouvernement : un remède de cheval est nécessaire
Argent
Les tarifs gouvernementaux doivent impérativement être augmentés sinon le Québec se dirige vers la «catastrophe». C’est ce que soutient l’économiste Claude Montmarquette dont le rapport déposé l’an dernier prônait une hausse significative de la contribution des tarifs aux citoyens.
«Le gouvernement doit revoir ses tarifs. S’il s’agit d’une politique sociale, il faut la valider. Sinon le déficit va demeurer beaucoup trop élevé», assure l’économiste qui croit toutefois que le gouvernement ne doit pas se précipiter en raison du marasme économique.
Cette sortie survient après la parution lundi dans le quotidien La Presse qu’un projet de loi circule à l’heure actuelle parmi les sous-ministres visant une hausse des tarifs permettant de combler un important manque à gagner pour le gouvernement.
Pour M. Montmarquette, il est grand temps que le gouvernement intervienne. Et selon lui, c’est un remède de cheval qui doit être administré aux finances publiques. À l’heure actuelle, le gouvernement aurait un manque à gagner de cinq milliards de dollars de recettes à chaque année.
Une facture d'électricité qui exploserait
Avec ce traitement choc, le contribuable verrait donc plusieurs tarifs exploser. Selon M. Montmarquette, il faudrait augmenter la facture d’électricité de 20 à 30 %, multiplier le coût du permis de motocyclette par 10 et payer jusqu’à 1000 fois plus pour le permis de motocycliste afin de respecter le coût réel de production.
Autre exemple, le billet à l’OSM pourrait augmenter de 50 % alors que le prix d’un billet de traversier devrait aussi se gonfler.
«Il faut regardez la réalité en face : le déficit est structurel. La croissance ne devrait pas être au rendez-vous, les dépenses ne peuvent pas être comprimées, il faut donc s’attaquer aux tarifs. Le gouvernement n’a plus de marge de manœuvre», assure M. Montmarquette.
C’est dans l’essence ce que le rapport de l’économiste prônait lors de son dépôt en 2008. Dans celui-ci, M. Montmarquette soulignait que plusieurs tarifs gouvernementaux devaient se hausser afin «que la tarification représente le coût des programmes concernés».
Selon le rapport également signé par l’ex-député péquiste Joseph Facal, on indiquait également que les revenus de tarification ne couvrent actuellement que 17 % des coûts des programmes si on inclut les services de santé. Pour les économistes, cet écart est «considérable» d’autant plus qu’il souvent plus élevé que celui d’autres provinces au Canada.
Selon toutes vraisemblances, le rapport Montmarquette serait une des grandes influences de ce projet de loi alors que plusieurs remèdes rapportés par le quotidien sont en tous points conformes au document de l’économiste.
Réagissant à l’article, le premier ministre Jean Charest a toutefois affirmé que le conseil des ministres n’a jusqu’ici nullement discuté du dépôt prochain d’un projet de loi.
M. Charest a indiqué «qu’il n’y a pas d’hypothèses qui ont déposées» en ce moment, mais qu’il y aura toutefois des consultations.
Du côté de l’Action démocratique du Québec, on dénonce sévèrement la possible initiative du gouvernement.
«L’intention des libéraux de taxer davantage les Québécois, dans le contexte actuel, est carrément indécente», a fait savoir par communiqué le critique des Finances François Bonnardel.


