Le vendredi 10 février 2012

Power Corp. : «Fini la culture du secret» - Yves Michaud

2 septembre 2009 | 17h38
 

Argent, avec la Presse Canadienne

La Cour d'appel du Québec a rejeté mercredi l'appel présenté par Power Corporation (POW) contre le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires.

 

Contacté par Argent, l’ex-président du MEDAC, Yves Michaud, ne cachait pas son enthousiasme.

« Mon dieu, c’est une grande victoire pour le droit des actionnaires et pour la démocratie. Cette décision aura des échos dans le Canada entier, aux États-Unis et ailleurs dans le monde», s’est-il exclamé.

Par cet appel, Power Corporation cherchait à empêcher la divulgation des états financiers de sa filiale Gesca, propriétaire de plusieurs quotidiens québécois, dont La Presse et Le Soleil, et de ses sous-filiales.

S'appuyant sur une analyse historique de l'article 157 de la Loi canadienne sur les sociétés par actions, le plus haut tribunal du Québec a statué que les actionnaires d'une entreprise avaient le droit de consulter les états financiers de ses filiales et sous-filiales, que ceux-ci soient consolidés directement aux résultats de la société mère ou par le truchement de plusieurs opérations comptables, comme c'est le cas pour Gesca.

« Jusqu’ici, c’était la culture du secret. C’est cette culture qui a entraîné les débâcles à la Enron et à la Worldcom. On ne parle pas de fraude ici, mais c’est important pour le système qu’il y ait le plus de transparence possible. », a-t-il affirmé en entrevue à Argent.

Le juge Pierre Dalphond, qui a rédigé l'arrêt au nom de ses collègues Joseph Nuss et Nicole Duval Hesler, a reconnu que les motivations du MEDAC et de son ex-président, Yves Michaud, étaient `politiques', mais il a estimé que cette question n'était pas pertinente dans le cadre du litige.

M. Michaud, indépendantiste de longue date, veut démontrer que Power Corporation `supporte financièrement Gesca et des filiales de cette dernière pour promouvoir la cause fédéraliste', a rappelé le magistrat.

Il faudra voir si Power Corporation portera l'affaire devant la Cour suprême du Canada. Mais selon Yves Michaud, il serait improbable que le plus haut tribunal au pays accepte d’être saisi du dossier.

« Je ne pense pas que Power Corporation va aller à la Cour suprême. La Cour d’appel est unanime… il n’y a pas eu de dissidence », a-t-il ajouté.

Le MEDAC n'est pas le seul groupe à réclamer l'accès aux états financiers de Gesca: le Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse et de Cyberpresse souhaiterait également voir les chiffres afin de déterminer si les compressions de 13 millions $ que réclame la partie patronale auprès des salariés sont justifiées.

En fin d'après-midi, les actions de Power Corporation s'échangeaient à 27,91 $, en baisse de 1,2 pour cent, à la Bourse de Toronto.

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